Nine d’Urso dans la peau de George Sand (Rebelle) : « J’avais conscience de m’attaquer à un monument de la littérature »

Publié le 14 avril 2025 à 9:22
Jean-Philippe BALTEL/FTV
INTERVIEW. La fille aînée d’Inès de la Fressange prête ses traits à George Sand dans cette libre évocation en quatre épisodes de la jeunesse de l’écrivaine.

Dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce rôle ? 

Nine d’Urso : J’étais très intimidée. George Sand est un personnage qui en impose, tant par sa vie que par son oeuvre. J’avais conscience de m’attaquer à un monument de la littérature. 

Le fait d’avoir suivi une formation littéraire (prépa et École normale supérieure) a-t-il facilité votre approche du personnage ? 

En toute humilité, je ne connaissais pas George Sand si bien que ça. Je l’ai peu étudiée lors de mon parcours universitaire. Bien sûr, j’avais lu La Mare au diable, La Petite Fadette, voire François le Champi, et quelques lettres… Du coup, je me suis replongée dans son oeuvre. 

"George Sand est une maîtresse à penser pour les femmes

George Sand n’est pas la première personnalité que vous incarnez à l’écran… 

En effet, récemment, j’ai joué Colette, mannequin et muse du couturier Balenciaga, dans la série de Disney+ Cristóbal Balenciaga. Mais ce n’est pas vraiment comparable. Cette Colette n’est connue que des gens qui s’intéressent à l’histoire de la mode. Elle n’a pas l’envergure de George Sand. 

Qu’est-ce qui vous a séduite chez l’écrivaine ? 

Si, de nos jours, on ne parle pas d’égalité sociale féministe exactement dans les mêmes termes, son oeuvre ne peut que nourrir un engagement politique et citoyen. Elle reste, jusqu’à aujourd’hui, une maîtresse à penser pour les femmes, une sorte de guide. 

Comme George Sand, vous avez des origines nobles et roturières. Est-ce que cela participe à la composition du personnage ? 

Nous n’avons pas grandi dans le même environnement. Elle, à la campagne, et moi, à Paris. Cependant, il est vrai que nous sommes toutes deux nées dans un milieu privilégié et cultivons l’anticonformisme. George Sand avait un destin tout tracé et aurait pu se satisfaire de rester à Nohant, dans le Berry, et élever ses enfants. Elle a refusé de se plier à son assignation sociale. L’écrivaine, qui était dans une perspective d’émancipation, a usé de la transgression des codes. Elle n’a pas joué à l’homme en se travestissant. Son but n’était pas d’être un mec, même si je trouve très bien que son image puisse aujourd’hui inspirer des personnes trans. 

"écrire avec une plume a été plus difficile que de tourner les scènes intimes"

Le scénario évoque une relation amoureuse entre George Sand et l’actrice Marie Dorval, jouée par Barbara Pravi. Une version qui est contestée par certains spécialistes… 

Il manque une partie de leur correspondance, que les descendants de Marie Dorval ont choisi de ne pas divulguer. Quant à moi, je suis fière que l’on ait pris le parti de cette histoire d’amour. Je reste persuadée qu’elles ont été amantes. 

Les scènes érotiques, nombreuses, ont-elles été difficiles à tourner ? 

Monter à cheval et écrire avec une plume a été plus difficile que de tourner ces scènes intimes. C’est en fait comme une chorégraphie, millimétrée. Il suffit de se laisser guider. 

Quand vous retrouvera-t-on à l’écran ? 

J’ai joué une guest dans la série Capitaine Marleau et je travaille sur un projet de film, avec la réalisatrice Audrey Gordon. D’autre part, comme je suis aussi plasticienne, je présente une exposition itinérante, avec mon ami l’acteur Joaquim Fossi, sur le thème de la carte du Tendre. 

La Rebelle : les aventures de la jeune George Sand, lundi 14 avril à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui