Machine (Arte) – Margot Bancilhon : « C’est rare de décrocher un rôle qui permet de se dépasser à ce point, physiquement »

Publié le 18 avril 2024 à 10:16
FABIEN CAMPOVERDE / ARTE
Révélation de la série d’Arte De grâce, où elle jouait une élégante avocate, elle impressionne dans Machine. Un rôle à la Kill Bill pour lequel elle s’est beaucoup investie, se mettant même aux arts martiaux.

Qu’est-ce qui vous a attirée chez cette femme commando, surnommée Machine, qui a déserté et se retrouve impliquée, malgré elle, dans un violent conflit social dans l’Est de la France ? 

Margot Bancilhon : Quand Fred Grivois (cocréateur et réalisateur de la série, ndlr) m’a présenté le projet, il avait une seule condition : il fallait que je réalise mes cascades. Immédiatement, j’ai dit : « Oui, ça m’amuse. » C’est rare d’avoir des rôles aussi forts en France. Généralement, c’est plutôt réservé aux hommes, et on voit ça surtout aux États-Unis. Je me suis beaucoup entraînée et j’ai aussi appris des chorégraphies pour les combats…

Il paraît que vous vous êtes blessée sur le tournage… 

Disons que j’ai failli me péter le nez dans une scène où j’affronte un maître en kung-fu aveugle. 

La série est bourrée de références à Kill Bill et à Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, mais aussi aux films avec Bruce Lee. Fred Grivois vous a-t-il demandé de les regarder pour vous en imprégner ? 

Oui, bien sûr. On en a parlé ensemble. J’ai regardé aussi Equalizer, d’Antoine Fuqua, et les films de la franchise John Wick

Comment vous êtes-vous préparée physiquement ? 

J’ai engagé un coach sportif, spécialiste en boxe thaïe, pour me remettre en selle six mois avant le tournage. Je voulais que mes coups de poing soient crédibles. Je faisais deux à trois entraînements par semaine. Ensuite, j’ai suivi une semaine de formation spécialisée en cascades, puis encore une semaine pour apprendre à se « bastonner » et réviser une partie des chorégraphies prévues. Beaucoup de choses ont dû être retravaillées sur place pour nous adapter aux décors. Parfois, c’était le jour même. Entre les prises, je continuais à faire pas mal de sport. J’avais même demandé des haltères. Il fallait que ma transformation se voie aussi à l’image. On rigolait parce qu’à la fin du tournage, j’avais des épaules comme ça ! (Elle écarte les bras) 

Qu’est-ce que l’on ressent quand on casse la figure ou que l’on donne des baffes à tire-larigot à de gros costauds ? 

Je ne me suis pas posé cette question, mais c’est vrai qu’il y a quelque chose d’hyper jouissif. C’est surtout lié au fait de se sentir bien dans son corps. La pratique intensive d’un sport change la conscience que tu as de ton corps. Tu bouges, tu anticipes différemment. C’est toute cette mécanique qui m’a m’intéressée, et même passionnée. C’est rare de décrocher un rôle qui permet de se dépasser à ce point, physiquement. 

Comment avez-vous trouvé le look de votre personnage ? 

Machine est un personnage à la Clint Eastwood, avec peu de texte, et pas grand-chose de psychologique sur lequel je pouvais m’appuyer. Ce que je pouvais travailler, c’était sa façon de marcher, de se déplacer et aussi son look, d’où ses dreadlocks, qui étaient mentionnées dans le scénario. Ça m’a vraiment aidée à trouver et à tenir le personnage tout au long du tournage. 

Machine, jeudi 18 avril à 20h55 sur Arte   

Par
Frédérick Rapilly