Derrière la série se cachent la productrice Nicole Collet et le réalisateur et scénariste corse Pierre Leccia, deux artisans de la saga Mafiosa sur la mafia corse qualifiée de référence par Olivier Bibas, le directeur de la création originale de Canal+, et arrêtée en 2014, après cinq saisons. « Je ne prétends pas raconter l’histoire de la Corse, mais celle d’un microcosme », précise Pierre Leccia, qui s’est focalisé ici sur la rencontre d’Inès (Lina El Arabi) et de Reda (Raphaël Acloque). Lui, voyou moitié corse moitié arabe, a passé dix ans en prison sans jamais balancer son complice, devenu le bras droit d’un parrain. Elle, jeune magistrate ambitieuse, a choisi d’être affectée au pôle anti-mafia de Bastia pour se rapprocher de ce demi-frère. Ce dernier est aussi en contact avec Nacera (Julie Ledru), qui gère un trafic de drogue.
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Loin d’être juste une histoire de fratrie ou de vengeance, Plaine orientale explore aussi la difficulté de trouver sa place lorsque l’on est à cheval sur deux communautés. « Reda est trop corse pour les Arabes, et inversement. Un proverbe africain résume bien ce personnage : l’enfant qui n’a pas été embrassé par le village finira par le brûler pour sentir sa chaleur », détaille Raphaël Acloque, qui a les mêmes origines que Reda.
TROUVER SA PLACE
« Tout le monde se pose la question de savoir comment raconter une communauté, dit Raphaël. Moi, je n’ai pas eu ce problème : j’ai eu quarante ans pour la pratiquer. » Cette dualité d’identité est présente dès les premiers instants de la série. « On a décidé de faire la scène de la sortie de prison en langue corse, pour casser le fait que Reda est introduit comme un prisonnier arabe. »
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UN TOURNAGE À BASTIA
C’est à Bastia (la ville du père de Raphaël Acloque) et ses alentours que l’équipe a posé ses valises durant cinq mois et demi. Et tous saluent l’accueil qui leur a été réservé. « Les voyous corses sont comme les autres, ils aiment bien qu’on parle d’eux, finalement », confie en souriant Nicole Collet. « Si l’on évoquait des personnes qui ont vraiment existé, ce serait peut-être plus compliqué », avance Pierre Leccia qui s’est inspiré de plusieurs malfrats pour le personnage de Carlotti (Éric Fraticelli).
Pour créer la figure d’Eva Martens (Veerle Baetens), la magistrate à la tête du pôle anti-mafia, il s’est inspiré de la juge anti-corruption Eva Joly. Une chose est sûre : Pierre Leccia fait l’unanimité auprès de ses comédiens. « La première fois que je l’ai vu, il avait une attelle à la main, tant il avait écrit… », raconte Lina El Arabi avant de le remercier de lui avoir donné un rôle qui n’est pas sexualisé.
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Bien éloigné de l’univers de la comédie, l’humoriste Éric Fraticelli, glaçant en César Carlotti, le parrain, confirme le souci du détail du réalisateur, prêt à refaire une prise pour un pli d’expression du visage, pour un froncement de sourcils. « Un boss de son calibre n’a pas besoin de jouer les voyous », répond Pierre Leccia, avant de glisser que la réalité a rattrapé la fiction depuis la fin du tournage : « Une magistrate a été incarcérée pour avoir fricoté avec le grand banditisme et un membre de la PJ de Bastia est mis en cause dans un assassinat. »
Plaine orientale, lundi 26 mai à 21h10 sur Canal+