“Mon cinéma ne se résume pas qu’à ça ! " M. Night Shyamalan fait presque semblant de s’offusquer quand on l’interroge sur son obsession pour les retournements de situation de dernière minute, les twists comme on dit de son côté de l’Atlantique. Pourtant, dès 1999, le réalisateur d’origine indienne se faisait un nom à travers le monde grâce à Sixième sens, thriller aux frontières du réel avec Bruce Willis, dont la conclusion est considérée comme l’une des plus grandes pirouettes scénaristiques de l’histoire du cinéma – on ne vous fera pas l’affront de la détailler ici. Depuis, le prestidigitateur en chef n’a que très rarement désobéi à sa propre règle d’embobiner coûte que coûte le spectateur : Signes, Le Village, The Visit, Split…
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LE JEU DU CHAT ET DE LA SOURIS
Autant de films en forme de tours de passe-passe qui ont nourri la légende d’un metteur en scène se réclamant de l’oeuvre d’Alfred Hitchcock (il fait, comme lui, une apparition dans chacun de ses longs-métrages) et grand amateur d’un certain cinéma horrifico- fantastique – L’Exorciste (1973) est son film de chevet.
"Disons que le twist est l’une de mes armes. Mais c’est inhérent au thriller, qui par nature carbure au mystère", détaille le réalisateur de Trap, un jeu du chat et de la souris au concept éminemment amusant : un tueur en série joué par Josh Hartnett ( Oppenheimer, Pearl Harbor…) accompagne sa fille au concert d’une pop star, sans savoir que la police lui a tendu un piège et le cherche au milieu des trente mille spectateurs… "Si tout se passe bien, vous devriez vous marrer du début à la fin, prévient le cinéaste, avec l’oeil qui frise. L’idée de base était particulièrement fun, j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écriture. Et Trap m’a permis de me recentrer sur ce que je préfère : le suspense en huis clos. Sans artifices."
Pour seule coquetterie, Shyamalan a de nouveau concocté un twist dont il a le secret, un pur tour de prestidigitation. Mais qu’il y ait un truc n’a jamais empêché la magie d’advenir, bien au contraire.
Trap, vendredi 21 mars à 21h10 sur Canal+
FRANÇOIS LÉGER