Pearl Harbor (W9) – Ben Affleck et Josh Hartnett tyrannisés par Michael Bay sur le tournage

Publié le 16 septembre 2024 à 14:02
Sortie en 2001, cette superproduction reconstitue l’attaque surprise des Japonais contre la flotte US en 1941. Un vrai parcours du combattant pour les acteurs !

Le dimanche 7 décembre 1941, il fallut 2 heures à 380 avions japonais pour détruire, le temps d’un raid éclair, une grande partie de la flotte américaine mouillant dans la base hawaïenne de Pearl Harbor. Le réalisateur Michael Bay (Armageddon), lui, mettra deux longues années de galère pour monter une superproduction qui restitue cet épisode majeur de l’Histoire : l’entrée en guerre des États-Unis contre le Japon et l’Allemagne nazie.

“Studios radins !” 

Côté fiction, le parcours du combattant débute en février 2000 : le réalisateur et son producteur, Jerry Bruckheimer, se heurtent à la gestion pointilleuse des Studios Disney : « Michael Bay voulait un budget de 200 millions de dollars, raconte Jerry. Les financiers de Disney ne voulaient pas dépasser les 140 millions… » Fidèle à sa réputation de dur à cuire, Michael Bay quitte régulièrement la table en maudissant ces « studios radins ! » Il donne quatre fois sa démission. Raisonné in extremis par son ami l’acteur Ben Affleck, il accepte de renoncer à son salaire et de n’être payé qu’en fonction des recettes. Le tournage peut débuter. Théoriquement. « Avant de commencer, je compte bien vous donner un avant-goût de ce qui vous attend », lâche le réalisateur, tout sourire, à ses acteurs vaguement inquiets. 

Un entraînement de G.I.’s 

Quelques semaines plus tard, Ben Affleck et Josh Hartnett, qui vont jouer deux soldats de l’US Navy piégés dans l’enfer de Pearl Harbor, se retrouvent dans un véritable camp d’entraînement militaire en Californie : « On y est resté cinq jours, mais ça m’a semblé une éternité, avoue Josh Hartnett. On a dû faire des pompes jusqu’à épuisement, courir comme des tarés sous un flot d’injures et récurer les toilettes avec une brosse à dents. » Chaque soir, Michael Bay appelle le chef du camp et l’encourage : « Tu me les mates sans pitié, façon Full Metal Jacket ! » 

Apocalypse Now ! 

Une fois l’entraînement achevé, les acteurs et l’équipe, soit plus de 350 personnes, se retrouvent à Hawaii, sur le site de Pearl Harbor. Ils vont filmer la plus grande scène d’explosion de l’histoire du cinéma dans un décor naturel. Avec l’aide de l’US Army, qui sacrifie quelques épaves, Michael Bay reconstitue en grandeur réelle la démolition de dix-sept navires américains par des avions nippons. Les techniciens des effets spéciaux répandent 10 000 litres de gazole sur l’eau, déclenchant simultanément 100 explosions grâce à des détonateurs fixés sous les coques des navires. Cette apocalypse est filmée par douze caméras en Panavision. 

“Cours et bas-toi !” 

Perché sur une grue tel un général, Michael Bay glisse à son chef opérateur : « Je n’ai jamais rien filmé d’aussi dangereux ! » À peine a-t-il achevé sa phrase qu’un pilote ayant mal réglé sa cascade s’écrase dans l’océan. Par miracle, il s’en sort vivant, avec juste l’annulaire cassé… Tétanisé par la chaleur des explosions que l’on ressent à 500 m, Ben Affleck supplie Michael Bay de faire une pause. Réponse cinglante du réalisateur, qui hurle dans son haut-parleur : « Tu crois qu’ils faisaient quoi, nos soldats, sous les bombes des Japs ? Ils sauvaient leur peau. Alors cours, cours et bats-toi ! » 

Pearl Harbor, lundi 16 septembre à 21h10 sur W9

Jean-Baptiste Drouet 

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