Anna Mouglalis est de retour au théâtre avec La Chair est triste, hélàs, un spectacle dans lequel elle déclame, seule sur scène, un texte d’Ovidie. Dans ce dernier publié en 2023, l’auteure "relate les raisons de sa grève du sexe, déconstruisant avec une lucidité tranchante les injonctions qui pèsent encore sur la question du désir et de la sexualité". Un "objet littéraire" à "la croisée du pamphlet féministe et de l’étude sociologique", précise la présentation publiée par le Théâtre de l’Atelier où se joue la pièce. "Ce texte me fait du bien, je le porte avec pas mal de colère et d’humour", confie Anna Mouglalis à Elle.
Anna Mouglalis sur son féminisme
Heureuse de pouvoir porter ce texte féministe, la comédienne explique avoir quasiment arrêté, ces dernières années, de lire "de la littérature écrite par des hommes". "A quelques exceptions près. Ça reviendra sans doute, mais j’ai eu besoin de me décoloniser. De la même façon, je privilégie les films de femmes. Mais je n’ai pas fait ce chemin en un jour, l’apprentissage théorique m’a pris du temps. Ça fait dix-huit ans que je m’intéresse à la pensée féministe, bien avant #MeToo", affirme celle qui s’inquiète de "la montée du masculinisme décomplexé d’extrême-droite". "C’est un danger tangible", alerte Anne Mouglalis en rappelant que le "masculin est une construction culturelle".
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Le drame familial d’Anna Mouglalis
Interrogée par nos confrères sur son entrée dans le féminisme, Anna Mouglalis explique qu’il s’agit d’un "héritage familial non pas avec des femmes militantes mais avec des femmes (…) « qui étaient surdiplomées en matière de violences » comme l’a écrit Toni Morrison", souligne la comédienne. "Comment comprendre, en tant qu’enfant, que quelqu’un qu’on aime puisse faire du mal à une autre personne qu’on aime ?", s’interroge-t-elle avant de révéler qu’elle pense à ses parents, ses grands-parents et ses arrière-grands-parents. "Mon arrière-grand-mère a été victime de féminicide. Il n’y a pas de hasard dans ces parcours, les violences conjugales ont toujours fait partie des réseaux familiaux", poursuit-elle en précisant qu’elle préfère "s’intéresser à la responsabilité collective" que "parler de sa propre histoire".