Pour Aurélie Casse, elle est "la femme aux mille et une vies". Ce samedi 12 octobre, l’animatrice recevait Zahia Dehar sur le plateau de C l’hebdo, sur France 5. Âgée de seulement 32 ans, la jeune femme au passé sulfureux a accepté de se livrer sur l’affaire qui l’a dévoilée au public. En avril 2010, alors qu’elle est encore mineure, elle est soupçonnée d’avoir eu des relations sexuelles tarifées avec des joueurs de football, membres de l’équipe de France, dont Karim Benzema et Franck Ribéry, peu de temps avant la Coupe du monde de football. Zahia se défend d’être une prostituée, assurant être une escort-girl. Quatorze ans plus tard, la polémique lui a laissé des traces profondes.
"J’avais l’impression que le monde s’effondrait sur moi, se souvient Zahia. J’étais effondrée parce que je savais que j’allais commencer ma vie, à l’âge de 18 ans, avec la pire étiquette qu’une femme puisse avoir. Pour moi, à partir de ce moment-là, tout allait m’être interdit à cause du slut-shaming et de la putophobie qui est extrême dans notre société. Et jusqu’à maintenant, ce fléau n’est pas résolu". Zahia, qui depuis a défilé pour Jean-Paul Gaultier et joué dans le film Une fille facile (de Rebecca Zlotowski) déplore : " On met les femmes dans des catégories et les femmes qui ont le malheur d’être dans cette catégorie de ‘mauvaises femmes’, dans ces cas-là, la société leur fait payer un prix qui est énorme, qui est horrible". Face à ces jugements, la jeune femme envisage le pire.
"J’aurais été insultée tous les jours par tout le monde"
Avec des idées noires plein la tête, elle se dit : "Quel est mon avenir concrètement ?” Je vais chercher du travail, je vais être humiliée par toutes les personnes. Ils vont rire de moi, tout le temps. J’aurais été insultée tous les jours par tout le monde". C’est dans le travail et l’envie de réaliser ses rêves que la jeune femme trouve son salut. Zahia se souvient de sa "première interview dans Paris Match" après le scandale : "J’étais effondrée, j’étais en larmes. On me suggérait des réponses et je disais : ‘Oui’. Je n’avais pas la force. J’étais très mal". Une interview qu’elle a accepté de donner "parce qu’on m’a dit qu’il fallait le faire, que ça allait m’aider (…). Pour moi, c’était la fin de ma vie. Je me suis dit : ‘Maintenant tu es médiatisée, donc c’est soit tu te suicides et c’est la fin de cette douleur, soit tu persévères dans cette voie-là, en essayant de montrer ce que tu aimes faire, montrer tes créations’. Et c’est ce que j’ai fait".
Depuis, Zahia Dehar ne cesse de briser les codes, les tabous et les préjugés autour des femmes. Un engagement qui lui vaut d’être souvent comparée à Brigitte Bardot, Zahia Dehar ne cache pas son admiration pour l’icône et son engagement pour la libération des femmes. À son tour, elle explique : "Si je peux aider les femmes à se sentir plus libres et à ne pas être effrayées par les jugements, c’est un honneur. En tout cas, j’essaie de le faire tous les jours dans ma vie avec des petites actions. Si ça peut aider, j’en suis ravie".