Le 13 mars dernier, Marie Portolano a publié son livre Je suis la femme du plateau dans lequel elle témoigne du sexisme et harcèlement sexuel qu’elle a vécu en tant que journaliste sportive. Dans cet ouvrage, qui est une suite de son documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste sur Canal+, elle évoque pour la première fois l’agression dont elle a été victime à l’âge de 17 ans. Cette semaine, auprès de Simone Media, elle explique : "C’est une agression assez sévère. Forcément, ça m’a mise en colère. (…) Ça a joué sur mon envie de travailler sur les violences faites aux femmes".
"Le syndrome de la présentatrice stupide"
Dans cet entretien, dont la vidéo est disponible ci-dessous, elle revient sur son début de carrière dans le journalisme sportif. "J’ai assez vite déchanté. Je me suis rendue compte plusieurs fois que je n’avais pas été embauchée pour mes compétences. (…) J’ai totalement ressenti ce syndrome de la présentatrice stupide d’un plateau de télévision"", a confié celle qui a compris qu’elle était "là pour habiller le plateau de télévision". "Un jour, on m’a même dit : ‘la femme du plateau, on arrête, ça ne fonctionne pas’. En fait, je ne suis personne d’autre que la femme du plateau", ajoute Marie Portolano. Et la liste des phrases dures à entendre est longue : "Tu es là parce que tu es une femme donc tu nous a piqué notre travail", "Si elle a réussi à avoir cette interview, c’est qu’elle l’a forcément sucé", ou encore "un rédac chef, qui me dit, en me croisant dans le couloir : ‘Dis donc, t’as un cul, on serait bien dedans’". Et malheureusement, un collègue s’est même permis un geste plus que déplacé.
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"Des messages uniquement à caractères sexuels"
"J’ai eu beaucoup de débriefs de mes tenues, de mon look… C’est devenu parfois plus important que ce que je disais", se souvient l’ex-présentatrice de M6. Un jour, alors qu’elle portait des lunettes dans une émission de sport, Marie Portolano s’est retrouvée en tendance sur Twitter : "Les gens me parlaient uniquement de mes lunettes et les message étaient uniquement à caractères sexuels. Et ce qui est terrible, c’est que les messages m’ont fait plaisir, je me suis dit : ‘mais ça y est, enfin, les gens me parlent, enfin j’existe sur ce plateau !". Un rendez-vous avec un "directeur de chaîne" a également été gravé dans sa mémoire : "il me dit qu’il a suivi ma carrière pendant dix ans et qu’en voyant mon documentaire, il s’est dit que, finalement, j’étais pas si bête que ça". "Une présentatrice télé est forcément bête jusqu’à preuve du contraire", déplore la co-animatrice de Télématin sur France 2.
"Je n’ai pas été écoutée"
Marie Portolano livre un triste constat sur les journalistes sportives à la télévision en France : "On se ressemblent toutes, on est toutes plus ou moins blondes, assez minces, blanches. J’ai participé au système, parce que j’ai accepté ces codes quand on m’a demandée d’être bien habillée, bien maquillée, bien coiffée". Elle nuance toutefois : "J’en ai parlé et je n’ai pas été écoutée". Pour conclure, l’animatrice insiste sur le fait que "les hommes et les femmes" doivent travailler "ensemble" pour déconstruire ce système et recommencer sur des bases plus saines, respectueuses et agréables .
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