Le 2 mai dernier, l’humoriste de France Inter Guillaume Meurice a annoncé être une nouvelle fois suspendu d’antenne pour avoir de nouveau qualifié Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, de "sorte de nazi sans prépuce". Il y a six mois, cette même blague lui avait valu de recevoir un avertissement de la direction, qui avait elle-même reçu une mise en garde de l’Arcom à cause de cette blague controversée. "Convoqué" par la direction de Radio France, il risque "la rupture anticipée" de son CDD "pour faute grave".
Un appel à la grève
L’émission Le grand dimanche soir animée par Charline Vanhoenacker a donc eu lieu sans la présence de Guillaume Meurice, notamment soutenu par l’humoriste Waly Dia, trois jours plus tard. En direct, l’humoriste Djamil Le Schlag a démissionné en guise de protestation et par solidarité envers Guillaume Meurice. Ce dernier est également soutenu par six syndicats de Radio France – la CGT, la CFDT, FO, le SNJ, SUD et l’UNSA – qui ont déposé un préavis de grève pour le dimanche 12 mai, au nom la liberté de ton et d’expression. Ils demandent "la fin de la répression de l’insolence et de l’humour".
À lire également
"On est vraiment chez les fous"
Mais l’humoriste Sophia Aram, qui a reçu le Molière de l’humour ce lundi et appelé au soutien des victimes israéliennes autant qu’aux victimes palestiniennes, fait partie de ceux qui désapprouvent la blague de son confrère. Interrogée à ce sujet dans C à Vous sur France 5 ce mardi 7 mai, Sophia Aram a pris position : "C’est pénible que toute une rédaction, toute une antenne, soit réduite à une blague pourrie. C’est ça qui est en train de se passer, qu’on est en train de vivre. On est vraiment chez les fous. On est en train de ramener tout France Inter à cette blague pourrie. Franchement, (…) nazifier un juif, c’est pourri. Le répéter, c’est pourri. Il y a d’autres moyens de dire que Netanyahu est une ordure. On sait que c’est une ordure. Il y avait d’autres moyens que de le ramener à sa judéité. Il le sait, on lui a dit, il l’a répété. Maintenant, on en est là. Je suis là pour parler de mon Molière, on me parle de Meurice. Dans la manif contre l’antisémitisme, il y avait des panneaux qui dénonçaient l’antisémitisme de France Inter ! On en est là ! À cause d’une blague pourrie".