Accusé de viols par Charlotte Arnould et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes, Gérard Depardieu était au cœur du dernier numéro de Complément d’enquête. Images inédites à l’appui, le magazine de France 2 a notamment dévoilé des propos choquants prononcés par l’acteur lors d’un voyage en Corée du Nord.
Alors que France Télévisions a suspendu, pour l’instant, la diffusion des films du comédien qui risque de perdre aussi sa Légion d’honneur, sa famille a pris publiquement sa défense dans une lettre ouverte mais aussi sur le plateau de CNews. Et Julie Depardieu n’est pas la seule à avoir pris la parole pour soutenir celui qui était considéré comme un des monstres du septième art français.
Interrogée mardi soir sur RTL, Fanny Ardant a qualifié la polémique entourant le comédien de "mise à mort". "À partir du moment où une accusation a été jetée sur lui… Je pensais que c’était l’un des piliers de la démocratie, la justice. Et donc, la justice ne s’exprime plus ? Ce n’est que la voix populaire ? Moi, j’ai toujours pensé qu’une nouvelle société qui s’instaurait par la peur était une société totalitariste (…) Tout est business, les productions ont peur, chacun a peur que cette personne dont on dit du mal porte atteinte aux profits. Il coexiste dans cette société la vertu et le profit, on va vers quelque chose de dangereux", a-t-elle clamé.
La charge de Fanny Ardant contre le "tribunal populaire" qui juge Depardieu
"Si on trahit notre ami, on est une balance, c’est un terme en prison. C’est-à-dire qu’il faut rester fidèle aux gens qu’on aime (…) Moi, j’ai toujours pensé que la plus grande force d’un pays, c’était la liberté, la diversité des opinions, les discussions, la dialectique. Tandis que là, je peux dire que ce qu’il se passe avec Gérard, c’est une mise à mort", a-t-elle aussi affirmé en pointant du doigt "le tribunal populaire" qui condamne le comédien avant la justice.
Précisant ne pas avoir vu le Complément d’enquête en question – "je ne regarde jamais la télévision, je n’écoute jamais la radio et je n’ai pas de réseaux sociaux" -, Fanny Ardant a insisté sur le fait qu’elle ne s’est "jamais instaurée en tant que juge". "Il y a ce côté ‘tribunal’ que je déteste. Si j’aime quelqu’un, je le défendrai", a-t-elle insisté quelques heures avant l’annonce d’une nouvelle plainte pour viol déposée à l’encontre de Gérard Depardieu.
La journaliste et auteure espagnole Ruth Baza a en effet saisi la justice pour un viol qui se serait déroulé en octobre 1995 lors d’une interview. Si les faits sont proscrits en France et la plainte a donc peu de chance d’aboutir, la journaliste a précisé être sortie du silence pour "aider d’autres personnes à faire de même".