Après les témoignages édifiants de treize femmes dont une actrice mineure accusant Gérard Depardieu de violences sexuelles dans Mediapart en avril dernier, une quatorzième victime présumée a témoigné auprès de France Inter ce lundi 10 juillet 2023. Les faits présumés ont eu lieu lors du tournage d’un téléfilm en 2015 alors qu’elle avait 27 ans. Elle était alors troisième assistante mise en scène et donc "dernière en hiérarchie". Cette jeune femme avait déjà croisé l’acteur quelques mois plus tôt sur un autre tournage, lors duquel Gérard Depardieu lui avait fait des "propositions sexuelles", des "remarques déplacées" et aurait même eu "les mains baladeuses".
Sur ce deuxième tournage, la technicienne a de nouveau été la cible de remarques et gestes déplacés de la part de la star. "Au début, ce sont des remarques lourdes et vulgaires sur le physique. Il me disait : ‘je te pèterais bien la rondelle’, ou encore ‘ah toi, t’es gaulée comme une Ukrainienne, des filles comme toi je m’en tape quand je veux’. Puis il me faisait des propositions de plus en plus appuyées de rapports sexuels, même rémunérés. Et il y avait les mains baladeuses, sur les fesses, et à l’entrejambe". D’après elle, le reste de l’équipe technique a assisté à ce harcèlement sexuel sans jamais oser intervenir.
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La situation a ensuite pris une tournure dramatique, lorsque la technicienne s’est retrouvée seule avec l’acteur dans une chambre, pour s’assurer qu’il ne rentre pas dans le décor d’à côté lors d’une prise. "Il a baissé son pantalon et m’a montré son sexe. Donc là j’ai vraiment paniqué. J’ai quitté la pièce comme j’ai pu, mais il m’a rattrapée dans le couloir et bloquée contre le mur. Son ventre bloquait tout donc il n’a rien pu faire, mais dès que j’ai pu avoir un peu de répit, j’ai couru et je me suis enfermée dans une autre pièce". La jeune femme a ensuite été réprimandée pour ne pas avoir maintenu l’acteur hors du champ de la caméra. Évidemment, elle a par la suite décidé de ne plus jamais travailler avec lui.
Un collègue de la technicienne sur ce tournage confie à France Inter avoir "remarqué que la jeune femme était mal à l’aise". Il affimre qu’à la fin du tournage, cette dernière lui a finalement raconté l’"agression" qu’elle a subi. Cette dernière déclare : "Suite aux témoignages que j’ai pu entendre récemment, je me suis dit que moi aussi je devais partager le mien. Notamment si cela pouvait permettre que ça n’arrive plus, avec lui ou avec d’autres. Pour que d’autres assistants ou assistantes ne subissent pas la même chose". Toutefois, elle se sent incapable de porter plainte : "À l’époque je n’y ai même pas pensé, c’était impossible. Et aujourd’hui encore, c’est impensable", considérant que son agresseur présumé est "intouchable". En 2019, on apprenait que plus de trois quarts des femmes victimes présumées de violences sexuelles ne portent pas plainte.
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Hugo Mallais