Le rappeur et producteur Sean Combs, figure emblématique du rap américain, a été condamné vendredi 3 octobre par la justice new-yorkaise à quatre ans et deux mois d’emprisonnement.
Affaire P Diddy : enfin le verdict !
Vendredi 3 octobre, le tribunal fédéral de Manhattan a prononcé une peine de 50 mois de prison à l’encontre de Sean Combs, plus connu sous son nom de scène P. Diddy. Le juge a également assorti cette condamnation d’une amende de 500 000 dollars, soit environ 425 000 euros.
Dans sa décision, le magistrat n’a pas mâché ses mots. “Ce sont des infractions graves qui ont causé un tort irréparable à deux femmes”, a-t-il déclaré au rappeur, ajoutant que les “effets se font encore sentir aujourd’hui “. Plus inquiétant encore, le juge a exprimé ses doutes quant à la récidive : “Le tribunal n’a pas la certitude qu’en cas de libération, ces crimes ne seront pas commis à nouveau.” S’adressant directement aux victimes présentes, le juge a tenu à les rassurer : “Nous vous avons entendue”.
Cette sentence, prononcée après une audience marathon de six heures, marque l’aboutissement d’un procès très médiatique qui a duré deux mois. Le 2 juillet dernier, les jurés avaient déclaré Sean Combs coupable de transport de personnes à des fins de prostitution, une infraction impliquant le déplacement d’une personne d’un État à un autre selon le droit américain. L’ex-magnat risquait jusqu’à vingt ans d’emprisonnement pour ces faits.
Toutefois, le jury a écarté les accusations les plus lourdes de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, lui épargnant ainsi la réclusion à perpétuité. Le juge a d’ailleurs souligné lors du prononcé que la peine infligée restait bien inférieure à ce que l’ancien rappeur encourait initialement. “Vous allez surmonter cette épreuve”, lui a-t-il dit. “ Vous avez un univers de personnes qui vous aiment. Laissez-les vous porter maintenant, comme vous les avez portés pendant tant d’années.”
La défense a immédiatement annoncé son intention de faire appel, dénonçant une condamnation qu’elle qualifie d’”inconstitutionnelle”.
P Diddy : le portrait d’un prédateur déchu
Les faits reprochés à Sean Combs dressent le tableau d’un système d’emprise et de violences orchestré pendant des années. Le producteur est accusé d’avoir contraint plusieurs femmes, notamment la chanteuse Cassie, sa compagne de 2007 à 2018, et une autre ex-partenaire ayant témoigné sous le pseudonyme de “Jane”, à participer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués.
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Le parquet lui reprochait également d’avoir mis en place un véritable réseau criminel pour organiser ces activités.
À l’audience de vendredi, Sean Combs a de nouveau présenté ses excuses à ses deux principales victimes, qualifiant son comportement de “répugnant, honteux et maladif”. “J’étais malade. Malade à cause de la drogue, j’étais hors de contrôle”, a-t-il affirmé devant le tribunal.
Dans une lettre adressée au juge la veille du verdict, il avait écrit : “Je me suis perdu au cours de mon chemin. Perdu dans la drogue et l’excès. Ma chute trouvait sa source dans mon égoïsme. J’ai été humilié et brisé jusqu’au plus profond de moi.”