Le compte à rebours est lancé. Sean Combs, alias Diddy, devrait connaître sa peine définitive ce vendredi 3 octobre et il a adressé une lettre au juge Arun Subramanian afin de demander une nouvelle chance avant le verdict. Reconnu coupable cet été de deux chefs d’accusation liés au transport à des fins de prostitution, le rappeur de 55 ans, autrefois au sommet de l’industrie musicale, risque jusqu’à plus de dix ans de prison.
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Une lettre pleine de promesses envoyée par P. Diddy
Dans une missive déposée jeudi 2 octobre au tribunal fédéral de New York, Sean Combs affirme avoir changé de vie. "Aujourd’hui, je vous demande humblement une autre chance — une autre chance d’être un meilleur père, une autre chance d’être un meilleur fils, une autre chance d’être un meilleur leader dans ma communauté, et une autre chance de vivre une vie meilleure", écrit-il au magistrat. Sobre "pour la première fois depuis 25 ans", l’interprète de All About the Benjamins insiste : "Je n’écris pas ceci pour obtenir de la sympathie ou de la pitié, cette expérience est simplement la vérité de mon existence et a changé ma vie pour toujours et je ne commettrai plus jamais de crime".
Reconnaissant partiellement ses torts, il admet : "Ma violence domestique restera toujours un lourd fardeau que je devrai porter à jamais", à propos de ses anciennes compagnes Cassie Ventura et "Jane", qui avaient témoigné lors de son procès. Mais il met surtout en avant son comportement en prison, lui qui est "sollicité par mes codétenus pour leur enseigner et les encadrer", et avoue son souhait de retrouver sa famille et de "rentrer chez lui pour s’occuper de ses sept enfants et de sa mère âgée de 84 ans".
"Je pensais qu’il vaudrait mieux être mort"
Dans ce texte de quatre pages, Diddy revient également sur sa descente aux enfers… "J’ai perdu mon chemin. Je me suis perdu dans mon parcours. Perdu dans la drogue et l’excès. Ma chute était enracinée dans mon égoïsme. J’ai été humilié et brisé jusqu’au plus profond de moi-même. La prison est conçue pour vous briser mentalement, physiquement et spirituellement. Au cours de l’année écoulée, il y a eu tant de fois où j’ai voulu abandonner. Certains jours, je pensais qu’il vaudrait mieux être mort. L’ancien moi est mort en prison et une nouvelle version de moi est née", a-t-il assuré. Et de conclure sur une note d’espoir : "Je ne peux pas changer le passé, mais je peux changer l’avenir. Je sais que Dieu m’a placé ici pour me transformer. Depuis mon incarcération, j’ai vécu une remise à zéro spirituelle. Je suis dans un voyage qui prendra du temps et beaucoup de travail".
Des réquisitions opposées
Les procureurs ont requis une peine de 135 mois de prison, soit un peu plus de 11 ans. La défense, composée de dix avocats, réclame de son côté une peine de 14 mois seulement, incluant le temps déjà passé derrière les barreaux. L’équipe de P. Diddy dénonce dans un mémoire la volonté du gouvernement de faire de leur client un exemple.
"Au lieu d’accepter le verdict et de plaider pour une peine raisonnable, le gouvernement est allé à des extrêmes pour tenter de justifier une sentence draconienne, en particulier pour un homme de 55 ans. Au lieu de s’en tenir aux faits pour lesquels M. Combs a été reconnu coupable, le gouvernement a consacré 161 pages à ressasser des preuves rejetées par le jury et à inventer des arguments juridiques tirés par les cheveux pour tenter de faire gonfler la fourchette de peine jusqu’à un absurde niveau de 360 ans à perpétuité", ont-il regretté
L’audience se tiendra donc ce vendredi 3 octobre au tribunal fédéral Daniel Patrick Moynihan de New York. Les avocats des deux camps, mais aussi Sean Combs lui-même, prendront la parole. Des témoins personnels et professionnels viendront également soutenir leurs arguments. En l’absence d’une éventuelle grâce présidentielle de Donald Trump, évoquée par certains, le sort de Diddy repose désormais entre les mains du juge Subramanian, nommé par Joe Biden.