Procès Gérard Depardieu : « Il a pris un avocat à son image, au paroxysme de la misogynie et du sexisme » (VIDEO)

Publié le 30 mars 2025 à 14:32
Dans C l'hebdo sur France 5 ce samedi 29 mars, l'une des plaignantes de Gérard Depardien, Amélie, et son avocate, ont témoigné du procès "extrêmement violent" envers elles.

Le verdict sera prononcé le 13 mai prochain, mais l e parquet a requis dix-huit mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende contre Gérard Depardieu, dans le cadre de plaintes déposées par deux femmes qui l’accusent de les avoir agressées sexuellement en 2021 lors du tournage du film Les Volets Verts.

L’avocat de Gérard Depardieu insultant et dégradant envers les plaignantes et leurs avocates

Amélie, l’une des deux plaignantes, était présente sur le plateau de C l’hebdo ce samedi 29 mars sur France 5 pour témoigner de ce procès, ainsi que son avocate. "Dans cette audience, on a été au paroxysme de la misogynie, du sexisme… D’ailleurs je crois qu’en fait, Gérard Depardieu a pris un avocat qui est à son image, en réalité. On a été injuriée, j’ai été traitée d’abject, d’ignoble, d’hystérique, que j’avais une voix qui ne lui plaisait pas… On a été décriée sur notre physique, même. Ça n’a pas cessé. Il nous HURLAIT littéralement dessus, il nous coupait la parole, il nous adressait des éléments de procédure en dernière minute à minuit alors qu’on devait reprendre le lendemain, ça a été très violent à l’égard de nous, avocates, et ça a été extrêmement violent à l’égard des parties civiles", a d’abord déclaré Maître Carine Durrieu-Diebolt. "Il ne cessait de hurler la phrase que Gérard Depardieu avait prononcé au moment des agressions sexuelles pour lui faire revivre de nouveau cette violence du moment. Et ça, ça a un nom, ça s’appelle de la victimisation secondaire. D’ailleurs, Amélie m’a dit que cela avait occasionné pour elle un traumatisme qui était équivalent à celui de l’agression sexuelle", a-t-elle ajouté.

Une plaignante dénonce la "complaisance" du tribunal : "C’était inquiétant"

Amélie, qui a quitté la salle d’audience lors de ce nouveau traumatisme, a confirmé les dires de son avocate. "Tout à fait. Je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai vécu une semaine épouvantable. Épouvantable. Je ne me serais jamais imaginée qu’on pouvait nous parler comme ça. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Je n’ai pas trop compris non plus la complaisance du président du tribunal. Je me disais : ‘pourquoi personne n’intervient ?’. On a vraiment été maltraitées ! (…) Il n’a cessé de nous hurler dessus, il était cynique, il nous a critiquées sur tout… C’était vraiment très très difficile. Son agressivité, c’était inquiétant et c’était long. Personne ne l’arrêtait, il était en roue libre. Il partait dans tous les sens. On ne voyait pas où il voulait en venir. Il s’éloignait du fond, on n’arrivait pas à parler du fond", a expliqué la plaignante face à l’animatrice Aurélie Casse. "Très clairement, c’est une stratégie de l’embrouille. (…) Il faut trouver un équilibre entre les droits de la défense et la protection des victimes. Ce type de maltraitance-là (…) n’avait aucune utilité dans les débats", a conclu l’avocate, sidérée.

Par
Hugo Mallais