PPDA accusé de viols : l’affaire relancée par cinq nouvelles instructions

Publié le 31 juillet 2024 à 6:33
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS / SCOOP
L'ancien journaliste de TF1 a fait l'objet de cinq nouvelles instructions pour "viols et viol aggravés" par le parquet de Nanterre malgré des faits prescrits.

Depuis le mois de décembre dernier, Patrick Poivre d’Arvor est mis en examen – pour la toute première fois depuis le début des accusations par vingt-trois femmes – pour le viol dont l’accuse Florence Porcel. Classée sans suite pour cause de prescription des faits présumés (qui datent de 2009, ndlr) en 2021, la plainte déposée par la journaliste avait finalement été réexaminée après que cette dernière ait à nouveau saisi la justice en se constituant partie civile.

Une mise en examen élargie début 2024

Au mois de février dernier, on apprenait que cette mise en examen de celui qu’on surnomme PPDA avait été élargie à deux autres viols et une agression sexuelle commis entre 2007 et 2018, dont les faits présumés ne sont pas prescrits. Auparavant,  19 plaintes et signalements au total avaient été classés sans suite. Ce mardi 30 juillet,  Libération a révélé que "cinq nouvelles instructions pour viols et viols aggravés" ont été ouvertes par le parquet de Nanterre contre le journaliste après le dépôt d’une plainte avec cinq constitutions de parties civiles le 19 juin dernier.

Une prescription des faits interrompue

Les cinq plaignantes, parmi lesquelles Hélène Devynck, Marie-Laure Eude-Delattre et Stéphanie Khayat, ont misé sur le principe de "sérialité", qui permet l’ouverture d’une instruction de faits jugés prescrits lors de précédentes décisions judiciaires par l’effet de "cascade de faits reliés entre eux par un même mode opératoire et un même auteur présumé". "PPDA est présumé innocent, mais les faits dénoncés se suivent de telle manière que chacun interrompt le cours de la prescription pour le fait précédent", a expliqué à nos confrères Corinne Hermann, l’avocate des plaignantes.

PPDA se dit innocent

Marie-Laure Eude-Delattre raconte avoir fondu en larmes en apprenant l’ouverture des instructions, bouleversée que les quatre autres plaignantes et elle-même soient "enfin prises au sérieux". "J’attends ça depuis 1985", a-t-elle ajouté.  Patrick Poivre d’Arvor, qui clame son innocence, a été interrogé plusieurs fois au cours de l’enquête préliminaire menée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Par
Hugo Mallais