« Nos vies ont explosé » : une victime présumée de PPDA balance sur les conséquences de ses témoignages

Publié le 4 janvier 2024 à 13:29
Piovanotto Marco/ABACA
Dans un entretien accordé au magazine ELLE, Stéphanie Khayat, une des victimes présumées de Patrick Poivre d'Arvor, a évoqué les conséquences des agissements du journaliste et de la médiatisation de l'affaire sur les vies des plaignantes.

Elles sont une vingtaine à dénoncer les agissements de l’ancienne star du 20h de TF1. Depuis 2021 et la plainte de Florence Porcel contre Patrick Poivre d’Arvor, les accusations d’agressions sexuelles et de viol se sont multipliées contre le journaliste. De son côté, PPDA a toujours démenti et ne cesse de se clamer innocent. Après cinq mois d’investigations, le parquet de Nanterre avait indiqué le 25 juin 2021 qu’il classait l’affaire Patrick Poivre d’Arvor sans suite, en raison de "prescription" ou pour "insuffisance de preuves". Au mois de novembre 2021, Florence Porcel avait relancé l’affaire en déposant une nouvelle plainte avec constitution de partie civile.

Le lundi 18 décembre 2023, l’ancien animateur du 20h de TF1 a été mis en examen par des juges d’instruction de Nanterre pour "viol par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction". Malgré cette lourde décision judiciaire, le journaliste a tenu à démentir une nouvelle fois, par le biais de ses avocats, toutes les accusations le concernant. Ce jeudi 4 janvier 2024, une des victimes présumées de PPDA a pris la parole lors d’un entretien accordé au magazine ELLE. Stéphanie Khayat n’a pas caché son soulagement de voir le journaliste être contraint de faire face à la justice. "Depuis trois ans, un procès, c’est tout ce que nous voulons. L’important pour moi, c’est qu’il y ait un procès. Qu’il aille en prison ou pas, je m’en fiche. Je voudrais témoigner devant la justice, face à lui, les yeux dans les yeux", commence-t-elle.

Les conséquences de la médiatisation de l’affaire PPDA ont été très importantes, voir violentes, pour de nombreuses plaignantes. "En ce qui me concerne, tout lien a été rompu avec ma famille. Il a fallu que je m’en crée une autre, c’est ce groupe d’inséparables (les autres plaignantes, ndlr). J’ai attendu en vain un soutien. Mon père me disait : ‘Tu nous en demandes trop’. Moi, j’aurais simplement voulu un petit SMS pour me dire ‘On pense à toi’ le jour où je suis allée témoigner… Ce message, je l’ai aussi espéré suite à l’annonce de la mise en examen…", explique Stéphanie Khayat. Un constat que peuvent malheureusement faire d’autres femmes concernées par l’affaire PPDA. "La plupart d’entre nous ont vu leur vie privée ou leur vie professionnelle exploser. Plusieurs ont divorcé dans le mois qui a suivi les plaintes, des couples se sont séparés. Ce n’est pas facile de parler aux enfants non plus", ajoute Stéphanie Khayat.

Par
Aurélien Gaucher