Déjà visé par une plainte pour viol sur mineur déposée par Judith Godrèche, le réalisateur Benoît Jacquot fait l’objet d’une procédure similaire lancée, cette fois-ci, par l’actrice Isild Le Besco. "Avec cette plainte, ce n’est pas tant que j’attaque Benoît Jacquot mais que je soutiens toutes les femmes qui le font et s’exposent ainsi publiquement. Moralement, je m’y sens obligée, même si seule, je ne l’aurais pas fait", explique, à Libération, la comédienne qui avait déjà dénoncé dans un livre les actes que lui aurait fait subir le cinéaste.
La difficulté d’Isild Le Besco à porter plainte
Si la sœur de Maïwenn affirmait il y a encore quelques semaines ne pas avoir l’intention de porter plainte, elle a fini par sauter le pas pour "utiliser son simple petit cas pour montrer qu’il a agi avec elle comme avec d’autres jeunes filles". "Si je porte plainte, c’est parce que je veux que ce système de domination, sans cesse reconduit, s’enraye. Si j’ai été attrapée jeune adolescente dans ce filet, c’est aussi parce que j’étais isolée et pauvre", poursuit-elle en avouant qu’elle trouverait "injuste" que Benoît Jacquot soit le seul à tomber. "Je ne me galvanise pas de saisir la justice, ce sera un moment difficile, mais je dois le faire", précise-t-elle en rappelant la difficulté de mettre "des mots sur des événements traumatiques" et de les faire ainsi revivre. "J’ai préféré d’abord passer par l’écriture car je ne voulais pas que ma parole soit dénaturée. Je souhaitais pouvoir la contrôler au moins un temps… Car elle allait être saisie par les médias », précise-t-elle en revenant sur son livre Dire vrai (Editions Denoel) sorti le 1er mai dernier.
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Les graves accusations d’Isild Le Besco contre Benoît Jacquot
Isild Le Besco revient, dans Libération, sur ce qu’elle aurait vécu avec le cinéaste Benoît Jacquot qui est déjà pointé du doigt pour l’emprise qu’il a exercé sur Judith Godrèche lorsqu’elle était adolescente. "Pendant 5 ans, la violence de Benoît Jacquot a été plus insidieuse (…) Dans le fond, ce que je lui reproche principalement, c’est d’avoir instauré avec moi une relation néfaste qui en a impliqué d’autres par la suite. Un pervers insuffle à sa victime une perte de soi. Si on n’a pas la possibilité de se réparer très vite, la prochaine relation sera pire encore", confie-t-elle en racontant avoir confronté un jour le cinéaste sur ses relations avec les femmes. "Il y a deux ans, j’ai dit à Benoît Jacquot, que je revoyais de temps à autre : « C’est quand même fou que tu sois à ce point peu conscient ou demandeur de ce que veut une femme et de son désir ». Il m’a répondu : « Toi, ton désir, c’était de parler »". Évoquant la nature de leurs liens actuellement, Isild Le Besco reconnaît qu’il y a "une forme de cordialité" entre eux malgé tout. "Cette ambiguité est partagée par la grande majorité des femmes victimes de violences psychologiques ou sexuelles. Cela dit, je ne pense pas que j’aurais eu besoin d’écrire ce livre ni de porter plainte si Benoit Jacquot avait pris soin de m’écouter lors de nos rencontres", précise-t-elle en accusant le cinéaste d’être "fier de ses relations avec de très jeunes filles".