Le président américain Donald Trump a confirmé lundi 6 octobre que le rappeur Sean "Diddy" Combs, condamné vendredi à plus de quatre ans de prison pour des faits liés à la prostitution, lui avait demandé une grâce présidentielle. Une requête qui semble avoir peu de chances d’aboutir.
Donald Trump confirme la demande du rappeur devant les journalistes
C’est lors d’une séance de questions-réponses dans le Bureau ovale que Donald Trump a lâché l’information, sans détour et sans préciser davantage ses intentions. "Beaucoup de gens m’ont demandé que je le gracie", a déclaré le président américain aux journalistes présents. "Je l’appelle Puff Daddy, (il) a demandé ma grâce", a-t-il ajouté.
Vendredi 3 octobre, Sean Combs a été condamné à cinquante mois de prison, soit quatre ans et deux mois, après avoir été reconnu coupable en juillet de deux chefs d’accusation pour transport de personnes à des fins de prostitution. Le rappeur bénéficie toutefois d’une réduction de peine pour les douze mois déjà passés au Metropolitan Detention Center de Brooklyn depuis son arrestation en septembre 2024. La condamnation est également assortie d’une amende de 500 000 dollars.
L’accusation avait pourtant requis onze ans de prison, tandis que les avocats de P. Diddy avaient plaidé pour une peine de quelques mois seulement, espérant qu’il puisse sortir avant les fêtes de fin d’année pour rejoindre sa mère, récemment opérée du cœur, et ses enfants, dont la plus jeune a deux ans.
Selon l’avocate Nicole Westmoreland, des "contacts et des conversations au sujet d’une grâce" avaient déjà eu lieu avec l’administration Trump avant même le verdict.
Une hostilité politique qui complique toute grâce présidentielle
Si Donald Trump a confirmé avoir reçu la demande de P. Diddy, les chances d’obtenir cette grâce semblent particulièrement minces. En août dernier, lors d’une interview avec Newsmax alors que le procès était encore en cours, le président américain avait déjà laissé entendre qu’il n’interviendrait probablement pas en faveur du rappeur.
"J’ai été très gentil avec lui. On s’entendait bien et il me semblait être un type sympa. Je ne le connaissais pas bien. Mais quand je me suis présenté aux élections, il s’est montré très hostile à mon égard", avait déclaré Trump, précisant qu’accorder une grâce serait, de fait, "bien plus difficile". Le président avait également qualifié P. Diddy de "quelqu’un de très malveillant".
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Durant son premier mandat entre 2017 et 2021, Donald Trump avait gracié 237 personnes, usant largement de ce privilège présidentiel.
Une condamnation plus clémente que prévu pour P Diddy
Malgré la gravité de l’affaire, Sean Combs s’en sort relativement bien par rapport aux accusations initiales. Après deux mois de débats, les jurés avaient rejeté en juillet les accusations les plus graves de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, lui évitant ainsi l’emprisonnement à perpétuité.
Les avocats de P. Diddy ont annoncé dès vendredi qu’ils feraient appel de cette condamnation, qu’ils qualifient d’"inconstitutionnelle".
À la veille du verdict, le rappeur avait adressé un courrier au juge pour demander pardon.