L’affaire secoue à la fois le monde judiciaire et l’univers du rap français. Ken Samaras, alias Nekfeu, fait l’objet d’accusations graves formulées par son ex-compagne, représentée au début par l’avocate Florence Fekom. Dans un communiqué diffusé le 3 novembre dernier sur X, ancien Twitter, on pouvait lire : "Je suis l’avocate de la femme de Monsieur Samaras, rappeur connu sous le nom de NEKFEU. Ils ont eu un enfant. Elle l’a quitté et est actuellement partie à de nombreuses procédures l’opposant à son mari. Ma cliente a dénoncé auprès des services de police des faits de violences psychologiques, sexuelles et physiques commis durant leur relation, soit pendant près de 4 ans".
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De lourdes accusations à l’encontre de Nekfeu
L’avocate avait affirmé que sa cliente avait notamment dénoncé des faits de viols répétés au cours de leur relation. Elle avait expliqué que la jeune femme a quitté l’artiste alors qu’elle était enceinte : "Elle déclare l’avoir quitté enceinte pour se protéger et préserver leur enfant à naître. Elle s’est retrouvée alitée à son cinquième mois de grossesse. Après des années vécues dans le silence et la peur, elle ne dispose plus d’autre choix que de partager cette affaire publiquement, au vu du traitement judiciaire différencié dont elle pâtit depuis plusieurs mois".
Face à ces déclarations publiques, Nekfeu avait pris la parole pour rejeter catégoriquement les accusations. "J’ai appris ce matin que mon ex-épouse, par le biais de son avocate Florence FEKOM, avait publié un communiqué entièrement mensonger et diffamant m’accusant de violences notamment sexuelles. L’ensemble de ce communiqué est faux. Ces accusations ont déjà été classées sans suite par la Justice et reviennent au moment même où elle a été interpellée hier soir pour disparition inquiétante de mon fils de 3 ans", avait-il déclaré.
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L’artiste avait également souligné que la mère de son enfant faisait l’objet d’un contrôle judiciaire depuis septembre 2024, avec interdiction d’approcher l’école de leur fils. Le Figaro avait alors rappelé qu’elle avait déjà été condamnée à une astreinte civile de 28 000 euros, correspondant à 500 euros par infraction pour non-représentation d’enfant à plusieurs reprises. Une première audience s’était tenue le 29 janvier dernier, suivie d’un jugement le 19 mars lors duquel Mme B. a été condamnée à deux mois de prison avec sursis pour non-représentation d’enfant.
Une affaire relancée par de nouveaux éléments
Malgré un classement sans suite initial par le parquet de Paris, la procédure a été rouverte après l’apparition de nouveaux éléments, notamment un témoignage inédit. Selon Paris Match, Nekfeu a été placé en garde à vue le 29 septembre et entendu par un officier de police judiciaire au commissariat du XVe arrondissement. Cette audition s’inscrit dans une nouvelle plainte déposée pour "violences habituelles, viols, agressions sexuelles et harcèlement", confirmée par Libération. Le parquet de Paris et l’avocate de Nekfeu, Marie-Alix Canu-Bernard, n’avaient pas souhaité réagir à ce stade et l’artiste reste présumé innocent tant que la procédure n’est pas achevée.
Mais voilà que l’affaire prend une autre tournure… Un juge d’instruction a été désigné pour enquêter sur les accusations de violences sexuelles visant Nekfeu, de son vrai nom Ken Samaras, à la suite d’une plainte déposée par son ex-compagne. L’information a été confirmée ce jeudi 9 octobre à BFMTV par une source proche du dossier, après une première révélation de Libération. L’ouverture de cette information judiciaire marque une étape importante dans un dossier conflictuel qui oppose donc les deux anciens conjoints depuis plusieurs mois. Pour la défense de Nekfeu, cette décision permettra d’examiner sereinement les éléments avancés de part et d’autre.
"L’information judiciaire apparaît être le cadre le plus adapté pour examiner les paroles des deux époux, les très nombreuses pièces et plainte produites par Monsieur Samaras, examiner l’authenticité de celles produites par Madame, mais surtout assainir tout ce qui se dit à l’initiative de celle-ci dans la presse et sur les réseaux depuis de trop longs mois", a déclaré à BFMTV l’avocate de l’artiste, Marie-Alix Canu-Bernard. De leur côté, les avocats de la plaignante, William Bourdon, Rebecca Royer et Hannah Kopp, saluent une décision conforme à la gravité des faits dénoncés. "L’ouverture de cette information judiciaire constitue une conséquence absolument cohérente au regard des lourdes charges déjà réunies à l’encontre de M. Ken Samaras", ont-ils affirmé.