Affaire Julio Iglesias : la plainte pour agressions sexuelles déjà classée sans suite

Publié le 26 janvier 2026 à 14:05
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L’affaire Julio Iglesias vient de connaître un tournant décisif ! Après plusieurs jours de révélations et de prises de parole publiques, la justice espagnole a classé la plainte pour agressions sexuelles visant le chanteur…

L’affaire, déjà explosive, a connu en quelques jours une succession de rebondissements mêlant révélations médiatiques, stratégie judiciaire mais aussi prises de parole publiques controversées de la part du chanteur. Deux anciennes employées de Julio Iglesias ont décidé de porter devant la justice des accusations d’une extrême gravité visant le chanteur espagnol, déclenchant une onde de choc bien au-delà des frontières de l’Espagne. Les faits dénoncés remonteraient à l’année 2021.

Deux femmes accusent le chanteur du pire, il nie 

Entre janvier et octobre, ces deux jeunes femmes, qui travaillaient alors dans les résidences privées de l’artiste en République dominicaine et aux Bahamas, affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles, de harcèlement et de conditions de travail assimilables à de la servitude. Avant même le dépôt formel de la plainte, une enquête conjointe d’Univision et d’elDiario.es avait exposé leurs témoignages, évoquant un climat de pressions constantes et, pour l’une d’elles, des faits qualifiés de viols. Ces révélations ont immédiatement placé Julio Iglesias sous une intense pression médiatique. 

Après plusieurs jours de silence, le chanteur est sorti de sa réserve dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 janvier. À 81 ans, il a choisi Instagram pour livrer un long message dans lequel il rejette catégoriquement l’ensemble des accusations. "Je nie avoir abusé, contraint ou manqué de respect à quelque femme que ce soit. Ces accusations sont absolument fausses et m’attristent profondément", écrivait-il. Décrivant une épreuve personnelle, il ajoutait : "C’est avec une profonde tristesse que je réponds aux accusations formulées par deux personnes qui ont auparavant travaillé chez moi. Je n’avais jamais ressenti une telle malveillance, mais j’ai encore la force pour faire connaître aux gens toute la vérité et pour défendre ma dignité face à un grief aussi grave". Et de conclure en remerciant ses soutiens : "Je ne peux pas oublier tant et tant de personnes très chères qui m’ont envoyé des messages d’affection et de loyauté ; j’y ai trouvé un grand réconfort".

Julio Iglesias dévoile des échanges qu’il affirme avoir eus avec les plaignantes 

Dans la foulée, la défense du crooner ibérique a engagé une contre-offensive judiciaire. Le lundi 19 janvier, son avocat, José Antonio Choclán, a adressé un document à l’Audience nationale espagnole demandant le classement pur et simple de la plainte. Selon lui, la justice espagnole n’est pas compétente pour examiner ces faits. "Le ministère public (…) doit déclarer, sans autre formalité, l’absence de compétence juridictionnelle espagnole pour les faits dénoncés, classer immédiatement l’enquête préliminaire et mettre fin à la campagne médiatique causant un grave préjudice à la réputation" du chanteur, écrivait-il. L’avocat insiste sur le fait que "les faits dénoncés se seraient produits entre janvier et octobre 2021 dans les résidences que Julio Iglesias possède en République Dominicaine et aux Bahamas, et non en Espagne", soulignant que les plaignantes ne sont ni espagnoles ni résidentes du pays.

Parallèlement à cette démarche, Julio Iglesias a publié, lors d’une nouvelle prise de parole nocturne sur Instagram, des échanges WhatsApp qu’il affirme avoir eus avec les deux femmes. Il justifie cette initiative par l’impossibilité, selon lui, d’accéder au dossier judiciaire. "Face au refus du bureau du procureur espagnol de me permettre d’exercer ma défense dans la procédure et de me fournir un accès formel à la plainte, je suis obligé de me prononcer publiquement. […] Les preuves sont claires : les communications Whatsaap envoyées par les plaignantes pendant le temps qu’elles ont travaillé chez moi et après leur départ, montrent que les informations diffusées manquent de véracité", a-t-il écrit.

Parmi les messages diffusés, plusieurs sont attribués à la kinésithérapeute, notamment : "Bonne nuit professeur, j’espère que tu pourras dormir sans douleurs, rêver des petits anges et te reposer, je t’aime beaucoup et si tu as besoin de quelque chose je suis à ton entière disposition. Merci pour ta patience et pour tes enseignements d’aujourd’hui, tous les jours à tes côtés sont précieux pour moi parce que j’apprends un peu plus. Un bisou et un câlin ! Bonne nuit". Ou encore : "Joyeux anniversaire Julitoooo !!!! Cher professeur, que Dieu continue à vous donner beaucoup de santé, pour que vous puissiez continuer à profiter de cette belle vie. Je t’envoie un bisou et un câlin, JE T’AIME, je me souviens toujours de toi avec tendresse. Affectueusement, votre physiothérapeute pour toujours"

La justice espagnole a tranché 

Le vendredi 23 janvier, la justice espagnole a finalement tranché sur un point clé. Le parquet a classé la plainte pour agressions sexuelles, estimant les tribunaux espagnols incompétents. Selon le document du ministère public consulté par l’AFP, la plainte a été classée "pour défaut de juridiction des tribunaux espagnols", notamment pour des raisons territoriales. Le parquet de l’Audience nationale souligne que les victimes ne sont pas espagnoles, qu’elles ne résident pas en Espagne, que Julio Iglesias n’y vit pas non plus et que les faits ne se seraient pas déroulés sur le territoire national. La justice espagnole ne pourrait intervenir que si le pays où les faits auraient eu lieu "ne peut pas ou ne veut pas enquêter, ce qui n’a pas été démontré ici".

Depuis l’éclatement de l’affaire, la défense de Julio Iglesias s’est appuyée sur cette ligne juridique, mettant en avant "l’absence de compétence juridictionnelle espagnole pour les faits dénoncés". À l’inverse, les ONG Amnesty International et Women’s Link Worldwide, qui accompagnent les deux plaignantes, ont expliqué que la plainte avait été déposée en Espagne en raison d’une législation jugée plus favorable aux victimes dans ce type de dossiers. Une bataille judiciaire qui, malgré ce classement, pourrait donc encore connaître de nouveaux développements sur d’autres terrains judiciaires…

Par
Kahina Boudjidj