Julio Iglesias demande le classement sans suite de la plainte contre lui pour agressions sexuelles et on vous explique pourquoi

Publié le 19 janvier 2026 à 12:45
H2o PRODUCTIONS / A BANIJAY GROUP COMPANY / IBACH TÉLÉVISION 2021
Alors que les accusations portées par deux anciennes employées continuent de susciter une vive polémique, Julio Iglesias a enclenché une nouvelle étape de sa défense. Après avoir nié publiquement les faits, le chanteur demande désormais le classement pur et simple de la plainte.

L’onde de choc a traversé l’Espagne en début de semaine dernière. Deux anciennes employées de Julio Iglesias ont saisi la justice et mis en cause l’icône de la chanson pour des faits d’une extrême gravité. Les accusations portent sur des agressions sexuelles, du harcèlement et des conditions de travail abusives, qui se seraient déroulées entre janvier et octobre 2021, dans les résidences du chanteur en République dominicaine et aux Bahamas.

Des accusations lourdes, portées devant la justice espagnole

Les plaignantes, Laura et Rebeca (des prénoms d’emprunt), avaient respectivement 22 et 28 ans au moment des faits. L’une travaillait comme employée de maison, l’autre comme kinésithérapeute. Accompagnées par les ONG Women’s Link Worldwide et Amnesty International, elles ont déposé plainte le 5 janvier auprès de la justice espagnole. Selon ces organisations, les faits dénoncés sont "susceptibles de constituer un délit de traite d’êtres humains en vue d’imposer le travail forcé et la servitude", mais aussi des "atteintes à la liberté et à l’intégrité sexuelles telles que le harcèlement sexuel", ainsi que des coups et blessures et des violations du droit du travail. Lors d’une conférence de presse commune organisée le mercredi 14 janvier 2026, les ONG ont précisé que les deux femmes seraient prochainement entendues par la justice, qui leur a accordé le statut de "témoins protégés".

Julio Iglesias sort du silence et rejette les accusations

Quelques jours plus tôt, une enquête conjointe de la chaîne américaine Univision et du média espagnol elDiario.es avait déjà levé le voile sur leurs témoignages, faisant état d’agressions sexuelles répétées, de harcèlement et, pour l’une des plaignantes, de faits décrits comme des viols. Après plusieurs jours sans réaction publique, Julio Iglesias a pris la parole dans la nuit de jeudi 15 à vendredi 16 janvier, via un long message publié sur Instagram. À 81 ans, l’artiste y nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. "Je nie avoir abusé, contraint ou manqué de respect à quelque femme que ce soit. Ces accusations sont absolument fausses et m’attristent profondément", a-t-il écrit.

Et d’ajouter : "C’est avec une profonde tristesse que je réponds aux accusations formulées par deux personnes qui ont auparavant travaillé chez moi. Je n’avais jamais ressenti une telle malveillance, mais j’ai encore la force pour faire connaître aux gens toute la vérité et pour défendre ma dignité face à un grief aussi grave". Dans ce message, qui s’achève par la reproduction de sa signature, Julio Iglesias a également tenu à remercier ceux qui l’ont soutenu depuis le début de l’affaire. "Je ne peux pas oublier tant et tant de personnes très chères qui m’ont envoyé des messages d’affection et de loyauté ; j’y ai trouvé un grand réconfort", a-t-il conclu.

Une bataille judiciaire désormais centrée sur la compétence des tribunaux

Dans la foulée de cette prise de parole, l’artiste a demandé le classement de la plainte. Dans un document transmis ce lundi 19 janvier par son avocat à l’Audience nationale espagnole, et consulté par l’AFP, Julio Iglesias conteste la compétence de la justice espagnole. "Le ministère public (…) doit déclarer, sans autre formalité, l’absence de compétence juridictionnelle espagnole pour les faits dénoncés, classer immédiatement l’enquête préliminaire et mettre fin à la campagne médiatique causant un grave préjudice à la réputation" du chanteur de 82 ans, écrit son conseil, José Antonio Choclán.

L’avocat insiste sur le fait que "les faits dénoncés se seraient produits entre janvier et octobre 2021 dans les résidences que Julio Iglesias possède en République Dominicaine et aux Bahamas, et non en Espagne", rappelant également que les plaignantes ne sont ni espagnoles ni résidentes en Espagne. Selon lui, les délits doivent être "poursuivis sur le lieu de commission" et, à défaut, "pourraient, éventuellement, être poursuivis en Espagne". Il ajoute que le parquet espagnol ne peut s’"arroger un pouvoir unilatéral pour se transformer en procureur universel", le tout en estimant qu’"il n’est pas possible non plus qu’il soit accordé à la victime un droit d’option sur la juridiction qui lui serait la plus commode".

Par
Kahina Boudjidj