Swing Fever est un véritable shoot de bonne humeur ! L’a t’il été aussi pour vous ?
Rod Stewart : Oui, ce fut vraiment le cas ! Ces grands standards du jazz que nous reprenons avec mon acolyte sont des merveilles. L’enregistrement a été fabuleux. Nous l’avons fait en live, à l’ancienne avec un véritable "band". Ça n’a pas de prix ! Et contrairement à ce que sous-entend la pochette de l’album où l’on nous voit accoudés à un bar, nous n’avons pas bu une goutte pendant l’enregistrement (Rires).
Jools Holland : Je n’avais pas idée que nous pourrions un jour faire un disque aussi réjouissant à écouter qu’à fabriquer. Chaque instant a été un plaisir, chaque chanson vibre. Tout le monde a besoin de joie dans sa vie.`
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Rod, vous dites que cet album a vu le jour grâce à votre collaboration avec Jools…
Rod Stewart : C’est vrai. J’avais commencé à travailler dessus à Los Angeles, avec un groupe que je trouvais un peu trop « poli », les arrangements ne m’excitaient pas. Quand j’essayais de chanter les morceaux, je n’étais pas dedans. J’avais besoin de quelqu’un qui joue ces chansons avec un style rock and roll, peu brut. Alors je suis allé chercher Jools Holland et j’avoue que je lui tire mon chapeau. Avec lui au piano, entouré de ses excellents musiciens, c’était Byzance !
Jools Holland : Quand on refait les arrangements et que le chant est au top, c’est à ce moment-là que la magie opère. Il n’y a qu’une poignée de personnes au monde qui en sont capables. Edith Piaf, Ray Charles, Frank Sinatra…
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Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Jool Holland : J’ai croisé Rod à plusieurs occasions, mais je ne le connaissais pas très bien. Quand il m’a appelé juste avant Noël, il y a environ deux ans et qu’il m’a dit : "Bonjour, c’est Rod Stewart à l’appareil.", j’ai répondu : "Oh, wow, wow, super". Il m’appelait pour me souhaiter Joyeux Noël et me proposer de travailler avec lui ! J’ai dû y réfléchir attentivement pendant environ un millième de seconde ! (Rires). J’ai posé le téléphone, c’était comme dans un rêve. Même ma femme ne me croyait pas ! Nous nous sommes tout de suite très bien entendus car nous aimions la même musique et la même façon de travailler : avec spontanéité et simplicité. C’était super.
Comment le jazz est entré dans votre vie ?
Rod Stewart : A la maison, mes parents écoutaient souvent Glenn Miller et Benny Goodman. J’ai été biberonné aux classiques et ils ne m’ont jamais quitté. Ce genre de phénomène, c’est terminé : dans 50 ans, personne ne chantera les chansons d’aujourd’hui !
Justement quel regard portez-vous sur l’industrie musicale ?
Rod Stewart : Pour rien au monde je n’aurais voulu débuter ma carrière aujourd’hui ! Quand j’ai commencé, il y avait tant d’endroits pour jouer de la musique, des pubs partout dans Londres. Aujourd’hui, ils n’existent plus. Et c’était très inhabituel d’être chanteur et de faire partie d’un groupe. J’avais un grand soutien de la part de mes parents. Jamais ils ne m’ont pas dit : « Tu devrais te trouver un vrai travail, parce que ta carrière musicale ne durera pas ». Ils étaient vraiment derrière moi. En revanche, ce qui est bien dans la musique aujourd’hui, c’est que les choses sont plus honnêtes et encadrées. A mon époque, il y avait beaucoup de managers et de maisons de disque qui voulaient vous arnaquer.
Jools Holland : En Angleterre, je présente une émission de télévision qui propose de tout en matière de musique. Les gens sont plus ouverts d’esprit et curieux de découvrir de nouveaux artistes. Mais pour ceux qui débutent, c’est compliqué. Comme Rod l’a dit, il n’y a plus autant de salles, les artistes ne gagnent plus autant d’argent des ventes de disques. Nous sommes très privilégiés. Nous avons pu faire notre métier et être payés pour cela.
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Rod, avez-vous été gagné par la fièvre jazz au profit du rock ?
Rod Stewart : Mais non ! Jamais je n’abandonnerai le rock. Mes tubes me suivront jusque dans la tombe. D’ailleurs, je les chanterai lors de ma prochaine qui passera par Paris (le 30 juin au Zénith de Paris)… Rassurez-nous, ce n’est pas une tournée d’adieux ? Non, non et non ! Il n’est ni question d’adieux, ni question de retraite. Jamais.
Votre voix de crooner se marie parfaitement bien avec ce style très swing. Qu’avez-vous redécouvert de vous dans cet exercice ?
Rod Stewart : Notre jeunesse ! Jools et moi sommes de vieux briscards aujourd’hui…
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