Dove Attia, de retour avec Molière : « Après l’échec de mon spectacle, La Légende du Roi Arthur, j’ai tout arrêté »

Publié le 11 janvier 2024 à 18:04
ABACA
Les Dix Commandements, Le Roi Soleil, Mozart, l’opéra rock, 1789, les Amants de la Bastille... la liste des spectacles musicaux qu’il a produits est longue ! Sa dernière création, Molière, rencontre un franc-succès actuellement au Dôme de Paris avant de partir en tournée dans toute la France.

Les retours sur Molière sont dithyrambiques ! Vous êtes soulagé ?

Dove Attia : C’est fabuleux ! J’ai l’impression de vivre un rêve car la concurrence est rude. Quand vous avez tant travaillé, que vous avez tout donné, c’est une récompense incroyable. Je crois que de mémoire, sur mes huit autres spectacles, je n’ai jamais vu des gens sortir de la salle les larmes aux yeux.

Qu’est-ce qui vous a donné le courage de partir sur une création originale ?

C’est vrai que j’aurais pu faire comme les autres, relancer Le Roi Soleil ou Mozart, l’opéra rock, pour l’argent. Mais ça ne me passionne pas. J’aime créer. Et puis Molière, je vis avec lui depuis trois ans, j’avais envie d’apporter un nouveau langage dans la comédie musicale parce que ça fait à peu près 20 ans qu’on refait les mêmes choses. J’avais déjà innové avec Mozart, ce qui n’a pas été facile au début. En 2015, après l’échec de mon spectacle, La Légende du Roi Arthur, j’ai tout arrêté. Je me suis dit que je ne commettrais plus les mêmes erreurs.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cet échec ?

Je vais être franc avec vous : ce n’était pas mon plus beau spectacle. C’était même le moins sincère.

Quel a été le déclic pour vous remettre au travail huit ans plus tard ?

Une conjonction de choses : ce personnage incroyable, Molière, au destin exceptionnel. Et puis sa modernité ! Son œuvre est toujours très actuel. J’avais cette envie de raconter musicalement une histoire de manière nouvelle, c’est-à-dire avec une narration sous forme opératique, mais moderne. Je trouvais que ça collait bien au personnage de Molière. C’est quelqu’un qui a cassé les codes à son époque. Et puis, c’est un spectacle qui défend des valeurs importantes : aller au bout de ses rêves, ne pas avoir peur des échecs, se relever, croire encore…Ce qui m’a le plus touché, c’est la réaction des enfants : le lendemain du show, ils voulaient tous étudier Molière !

Qu’y a-t-il d’autre de moderne dans votre spectacle ?

Aujourd’hui, quand on lance une comédie musicale, on ne peut pas refaire Notre-Dame de Paris. Depuis 20 ans, il y a eu des séries, des clips, des publicités… Dans Molière, je dirais qu’il y a un rythme époustouflant, des grandes chansons, des dialogues, tout se mélange à grande vitesse. Mais c’était le pari : que les gens soient émus et heureux à la fin. Et la troupe est exceptionnelle.

Les chansons du spectacle sont des tubes et pourtant ne passent pas en radio…

De toute façon, quand les gens dépensent aujourd’hui, ils ne veulent pas se planter. Ils ne se laissent plus abusés par un morceau qui tourne en radio, c’est fini. Aujourd’hui, c’est le-bouche-à-oreille qui fait tout. Les réseaux sociaux ont tout changé, le marketing ne fait plus un succès.

Par
Amandine Scherer