The Fabelmans (France 2) – Quand Steven Spielberg raconte sa jeunesse sur grand écran

Publié le 5 janvier 2025 à 15:20
MERIE WEISMILLER WALLACE / UNIVERSAL PICTURES
Dans ce récit initiatique, le cinéaste revient avec émotion et humour à la source de sa vocation, et déploie son génie de grand raconteur d’histoires.

Du thriller préhistorique au film d’aventure, de la science-fiction à la reconstitution historique, de la tragédie au film musical, Steven Spielberg a exploré tous les univers. Sauf un. Sa propre vie, qu’il s’est employé à garder privée. Son destin, le cinéaste l’a toutefois évoqué de manière détournée tout au long de sa carrière, dans Rencontres du troisième type (1978), E.T. l’extra-terrestre (1982), ou encore  Arrête-moi si tu peux (2002). Il aura donc attendu son trente-quatrième long-métrage pour raconter sa jeunesse, sa découverte du cinéma et le divorce de ses parents, traumatisme dont il n’a pas totalement guéri. « Je n’ai jamais eu le courage d’affronter cette histoire frontalement », confiait-il en 2023 lors de la cérémonie des Golden Globes, où il recevait les prix du Meilleur film et du Meilleur réalisateur pour The Fabelmans, son oeuvre la plus personnelle. 

Tout commence en 1952, dans une salle de cinéma. Sur l’écran, un train déraille dans la nuit. La scène laisse bouche bée le jeune Sammy, l’alter ego de fiction du réalisateur. Ses parents, Burt et Mitzi Fabelman, l’ont emmené voir Sous le plus grand chapiteau du monde, de Cecil B. DeMille. « Ce film n’a rien d’impérissable, mais cet accident est resté gravé dans ma mémoire », explique Spielberg. De retour à la maison, le petit garçon de 6 ans s’évertue à reproduire la catastrophe ferroviaire avec son train électrique et la caméra Super 8 de son père. Sa vocation est née. Après cette géniale entrée en matière, le créateur d’ Indiana Jones raconte son amour du cinéma, les courts-métrages fantastiques avec ses soeurs, qu’il transforme en momies, et, plus tard, le tournage avant l’heure d’un  Il faut sauver le soldat Ryan bricolé avec ses copains scouts, la leçon de vie de son exubérant tonton Boris, le harcèlement dont il est victime au collège parce qu’il est juif… 

UNE DÉCLARATION D’AMOUR À SA FAMILLE 

Avec ce récit en forme de jeu de miroirs, il fait revivre ses parents adorés. Un père ingénieur, pionnier de l’informatique (Paul Dano, tout en finesse), et une mère pianiste (la merveilleuse Michelle Williams), dont Sammy découvrira le secret, annonciateur de la séparation du couple, par hasard sur sa table de montage. « Leah, la mère de Steven, était une libre-penseuse. Son imagination imprégnait tout le quotidien, explique l’actrice. Même la vaisselle, elle la faisait avec exubérance. Elle était soumise à son propre désir. C’est pourquoi elle ne pouvait pas rester longtemps mariée. » l’actrice se souvient aussi des larmes du réalisateur lorsqu’il l’a vue habillée, coiffée et maquillée comme sa maman. 

Pour déclarer son amour aux siens, le maestro Spielberg a composé des séquences magiques, comme celle de sa mère dansant à contre-jour devant les phares allumés de la voiture familiale, ou ce rendez-vous avec John Ford (interprété − idée géniale − par David Lynch !), qui donnera à Sammy, tout juste embauché chez Universal, sa première leçon de cinéma, en deux mots : l’art et l’horizon.

The Fabelmans, dimanche 5 janvier à 21h10 sur France 2

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ISABELLE MAGNIER 

Par
Isabelle Magnier