Le remplaçant (TF1) – JoeyStarr : « À la différence de mon personnage, je n’ai pas pardonné à mon père »

Publié le 23 juin 2025 à 8:15
LAURENT VU/BLACK DYNAMITE/TF1
INTERVIEW. De saison en saison, le comédien s’épanouit dans ce rôle de professeur atypique à l’écoute de ses élèves.

La troisième saison s’achève ce soir. Aviez-vous imaginé cette longévité ? 

JoeyStarr : Je ne me pose pas la question. Je me concentre toujours sur la nouvelle saison. L’essentiel, pour moi, est la qualité de l’écriture et l’intérêt des histoires que l’on va raconter. À chaque saison suffit sa peine. Si le succès est au rendez-vous, tant mieux, c’est que l’on a bien fait notre boulot ! Les comédiens, les scénaristes, la réalisatrice et la production ont réussi à monter un groupe, je dirais même une troupe, qui fonctionne en parfaite synergie. Quant à la qualité du casting, je trouve qu’elle place le curseur de plus en plus haut. Les jeunes qui jouent les élèves ont été formidables. 

Qu’est-ce qui fait, selon vous, la réussite de cette série ? 

Le lien que nous sommes parvenus à créer entre les personnages récurrents, incarnés par Sébastien Chassagne et Clémentine Célarié, auxquels sont venus se joindre, cette saison, François Berléand, Anne Azoulay, Marc Fraize et Julie Debazac. Ensuite, l’idée est de traiter, dans chaque épisode, des problématiques que l’on peut rencontrer auprès des élèves : complexe des origines sociales, surendettement, divorce des parents, emprise psychologique, etc. Tout cela avec une bonne dose de comédie, pour ne pas plomber l’ambiance. 

Nicolas Valeyre n’a-t-il pas un rôle de passeur chargé d’accompagner ses élèves de l’adolescence à l’âge adulte ? 

Il veut surtout réveiller chez eux la passion du savoir. Il veut pousser les murs, faire bouger les choses, mais il n’a pas la prétention de se substituer aux parents. Ceux-ci sont toujours associés à l’histoire. 

Justement, on découvre que Nicolas Valeyre a eu lui-même des rapports compliqués avec son père, Joseph (Bass Dhem)… 

Nicolas Valeyre a débarqué à Brest au chevet de son père âgé, hospitalisé dans un état critique. Les deux hommes avaient des liens distendus. Il va d’ailleurs tenter de percer un secret de famille. 

Cette relation père-fils va donner lieu à quelques scènes bouleversantes. Avez-vous puisé dans votre vécu pour les jouer ? 

À la différence de Nicolas, je n’ai pas pardonné à mon père. Si je peux comprendre la dureté qu’il a eue à mon égard, en raison de la vie difficile qu’il a connue, je ne lui pardonne pas de n’être jamais venu voir ses petits-enfants. Qu’il m’en veuille à moi, je peux l’admettre, mais quel mal lui ont fait ses petits-enfants ? 

On vous voit pleurer. Est-ce la première fois que vous versez des larmes à l’écran ? 

Je l’ai déjà fait au théâtre. Je n’ai pas fait d’école de comédie. Ces larmes, je vais les puiser au fond de moi. 

La plupart de vos jeunes partenaires comédiens ont sans doute été biberonnés au rap. Que représente NTM pour eux ? 

Il y a beaucoup de respect chez les jeunes générations. J’ai rencontré, il y a cinq ans, sur les réseaux, un gars qui avait à peine la vingtaine, incollable sur NTM ! Du coup, je l’ai engagé comme community manager pour mon site. Il faut croire que notre groupe aura marqué durablement le rap français.

Le remplaçant, lundi 23 juin à 21h10 sur TF1

Par
Hacène Chouchaoui