Le remplaçant (TF1) – François Berléand : « Avant de rencontrer JoeyStarr, j’avais des préjugés sur lui »

Publié le 9 juin 2025 à 11:06
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INTERVIEW. Dans cette saison 3, le comédien, toujours aussi cabotin, prend un malicieux plaisir à s’opposer à JoeyStarr. En président des parents d’élèves manipulateur, il donne une belle leçon de comédie.

Vous avez déclaré aimer jouer les crapules. Diriez-vous que Bernard Audoin, votre personnage, en est une ? 

François Berléand : Il n’est pas très honnête, en tout cas ! Au lycée, tout le personnel l’apprécie, car il est très actif. Mais il est motivé par un amour du pouvoir, qu’il cache sous ses abords sympathiques. En réalité, Bernard complote pour fermer l’établissement et en faire une pépinière d’entreprises ! Comme je défends toujours mes personnages, je me suis emparé de ses défauts pour en faire des qualités… 

Il se montre tout de même très attentionné à l’égard de Lucie (Louve Le Coadou), sa petite-fille, qui est en première au lycée… 

Il en a la charge parce que sa mère est partie pour un long reportage. Ce rôle m’a troublé : j’ai des jumelles du même âge que Lucie, qui passent aussi le bac de français. Je sais quelles sont les attentes et les inquiétudes des parents. Cet âge est délicat : on quitte l’adolescence pour devenir un jeune adulte. Quand Lucie lui présente un garçon douteux, il se montre très protecteur avec elle, comme je le suis avec mes filles. 

François Berléand : "JoeyStarr a la comédie dans le sang"

Sous quels auspices débute sa relation avec le remplaçant Nicolas Valeyre ? 

Il l’accueille d’abord chaleureusement et tente de le mettre dans sa poche. Mais Valeyre comprend très vite qu’il y a un problème, et les choses vont se compliquer entre eux… J’ai été impressionné par les qualités d’acteur et la présence de JoeyStarr. Il a la comédie dans le sang. Avant de le rencontrer, j’avais des préjugés sur lui. Mais c’est un garçon qui gagne à être connu. 

Quelle est la réaction de votre personnage quand Maylis (Clémentine Célarié), la proviseure et amie de Nicolas, débarque pour l’aider à sauver le lycée ? 

Il a un vrai coup de foudre. Elle le désarme. Pour la séduire, il va même apprendre à danser. Et je n’ai pas été doublé pour ces scènes ! (Rires) Mais l’histoire est à sens unique : Maylis sait que Bernard n’est pas net, même si elle se laisse attendrir. Entre eux, c’est un jeu de dupes. 

Comment se sont déroulées vos retrouvailles avec Clémentine Célarié, à qui vous avez souvent donné la réplique ? 

Comme si on ne s’était jamais quittés ! Cela fait quarante ans que l’on se connaît, mais c’est la première fois que l’on se retrouvait dans un lit ensemble. (Rires) Je me suis amusé comme un fou sur le plateau, en particulier avec elle.

Retourner au lycée pour ce tournage a-t-il ravivé des souvenirs ? 

Bien sûr ! Ils sont mitigés… J’étais un élève différent, je m’ennuyais en cours, sauf en histoire et en français. Mais en terminale, j’ai compris à quel point c’était important d’apprendre, grâce à ma rencontre avec des profs formidables, comme Nicolas Valeyre. Je pense à Jean Guiloineau, un remplaçant en français, traducteur de Salman Rushdie. Je l’ai cité dans mon livre, Le Fils de l’Homme invisible, et il est venu me voir au théâtre. Un grand bonheur pour moi… 

François Berléand : "J’ai l’impression que si je m’arrête, je vais mourir"

Bernard Audoin se refuse à profiter de la retraite. Et vous ? 

J’ai la chance de pouvoir vivre de ma passion. Ma retraite, c’est le théâtre, le cinéma, la télé, non-stop. Travailler est un besoin vital. J’ai l’impression que si je m’arrête, je vais mourir. Il me faut toujours de nouveaux projets. Là, mon agenda est blindé : je vais incarner un patron dans le prochain film de Tarek Boudali. Et en septembre, je serai sur scène, à Paris, pour une pièce de Laurent Ruquier, avec Max Boublil. 

Le remplaçant, lundi 16 juin à 21h10 sur TF1

Par
Katia de la Ballina