The Father (France 3) – Anthony Hopkins : « Ce film est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie professionnelle »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:30
France 3 diffuse ce soir The Father. En adaptant au cinéma l’une de ses pièces à succès, le dramaturge Florian Zeller réussit, pour sa première réalisation, un coup de maître, salué par deux Oscars.

La chance sourit aux audacieux. S’ils ont un talent fou, il y a de l’alignement des planètes dans l’air. Avec du panache et du génie à revendre, le dramaturge  Florian Zeller coche les deux cases. Lorsqu’il décide d’adapter au cinéma sa pièce à succès Le Père (trois Molières, en 2012, et un triomphe international), l’image d’Anthony Hopkins s’impose à lui : « J’ai une admiration extrême pour lui, et j’étais convaincu qu’il serait extraordinaire dans ce rôle. J’ai donc écrit le scénario en pensant à lui. C’est la raison pour laquelle le personnage principal s’appelle Anthony. » Une fois le script terminé, en anglais donc, il ne restait plus qu’à le faire lire à Sir Anthony. Acceptera-t-il de jouer cet octogénaire atteint de démence sénile, dont le film suit, à travers son regard confus, la désorientation, les peurs panique, les accès de colère paranoïaque, en un mot, le naufrage du grand âge, lorsque la maladie d’Alzheimer s’empare des anciens ? Zeller envoie le script à son agent, comme une bouteille à la mer. 

L’acteur veut le rencontrer. Il saute dans un avion pour Los Angeles. Poignée de mains, bonnes ondes, accolades : le film se fera. Hopkins, qui a été « bouleversé par le scénario » , mais qui est engagé sur un projet, demande au Français, sans trop y croire, de l’attendre… « J’ai su immédiatement que le film de Florian serait l’un des meilleurs de ma carrière », explique le comédien qui, vingt-neuf ans après son Academy Award pour le rôle d’Hannibal Lecter, dans Le Silence des agneaux, recevra, à 83 ans, une deuxième statuette dorée. De son côté, Florian Zeller, lui, a décroché l’Oscar du Meilleur scénario adapté. 

MISE EN SCÈNE VIRTUOSE 

Sur le plateau, Hopkins est bluffé par ce novice, qui lui offre, cerise sur le gâteau, de donner la réplique à la talentueuse Olivia Colman (la reine Élisabeth II, des saisons 3 et 4 de The Crown), qui incarne sa fille. Le duo excelle. Hopkins ne joue pas, il est Anthony, ce vieillard dont la détresse nous serre la gorge et dans lequel beaucoup de spectateurs reconnaîtront un parent. Selon Zeller : « Le théâtre et le cinéma existent pour partager des émotions communes, pour nous rappeler que l’on fait partie d’un tout, d’une humanité. » Et d’expliquer : « J’ai vécu ce sentiment d’impuissance et de désolation face à la maladie. J’ai compris que l’amour ne suffi t pas toujours. » Ses mots sont justes et sa mise en scène est virtuose.

À dessein, elle brouille les cartes, fait intervenir plusieurs acteurs pour un même rôle, chamboule les décors, les lieux, pour traduire le trouble et la perte de repères d’Anthony. Hopkins a puisé en lui des émotions extrêmes afin de nourrir ce rôle miroir à bien des égards, puisque c’est un film qui interroge sur la vie qui passe et la fin qui approche… « Je me suis beaucoup souvenu de la mort de mon père, confesse l’interprète qui, infiniment reconnaissant, ajoute : Ce film est différent. C’est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie professionnelle. » Lors de la scène finale, qui peut dire si l’émotion qui électrise l’écran est celle d’Anthony ou bien celle d’Hopkins ? 

The Father, lundi 29 septembre à 21h10 sur France 3

Par
Julien Barcilon