Spy (TF1) – Paul Feig : « Melissa McCarthy, c’est le genre de rencontre que l’on ne fait qu’une fois dans sa carrière »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:37
TF1 diffuse ce soir Spy, une parodie de film d’espionnage, dans laquelle Melissa McCarthy, entourée de Jude Law et de Jason Statham, impose son comique dévastateur, avec un bagout et des reparties qui font merveille...

Paul Feig avait compris avant l’heure que l’avenir de la nouvelle comédie potache, initiée au tournant des années 2000 par Judd Apatow ( En cloque, mode d’emploi, Crazy Amy…) et les frères Farrelly ( Mary à tout prix), passerait par les femmes. Une conviction qui remonte à loin, le cinéaste ayant grandi dans le voisinage d’une famille nombreuse de six soeurs. « J’ai toujours été plus à l’aise avec les filles, à l’école », confie le réalisateur qui, face à l’absence de rôles féminins sur les écrans, a décidé de les écrire lui-même, notamment pour son actrice fétiche. Son nom : McCarthy, Melissa McCarthy, reine de l’humour à Hollywood, révélée en 2011 dans Mes meilleures amies, du même Paul Feig, après avoir écumé les scènes de stand-up de Los Angeles. Son cocktail favori : un comique désinhibé, pimenté d’une bonne dose de grossièreté. Son arme fatale : des rondeurs, dont elle joue sans complexe, avec un solide sens de l’autodérision. Son coup d’éclat :  elle assume son surpoids. Un bras d’honneur aux canons hollywoodiens : « Je n’ai jamais eu le sentiment de devoir changer. S’ils veulent quelqu’un de différent, ils n’ont qu’à prendre quelqu’un d’autre ! » 

CETTE FILLE, C’EST DE LA BOND ! 

Paul Feig assure : « Melissa, c’est le genre de rencontre que l’on ne fait qu’une fois dans sa carrière… Si on a de la chance. » La voilà donc, rafraîchissante alternative à Daniel Craig, dans cette irrésistible parodie des films de James Bond, qui renverse radicalement les codes du genre, brocardant le sexisme et la condescendance paternaliste. Et que l’on ne s’y trompe pas : si, sur l’affiche du film, Melissa est coincée entre les beaux gosses Jason Statham, génial en agent doublement bas du front, et Jude Law, en smoking et pistolet au poing façon 007, c’est elle qui a le beau rôle. 

Elle prête ses généreuses mensurations à Susan Cooper, petite main de la CIA. Équipée d’une oreillette et d’un mur d’écrans, celle-ci assiste le super agent Bradley Fine (Jude Law), plus préoccupé par sa coiffure que par ses missions. Mais l’espion « en carton » a la bonne idée de disparaître. Et c’est Susan, malgré son manque d’expérience, que l’on envoie récupérer une bombe nucléaire en passe d’être vendue à un terroriste tchétchène. Qui se méfierait d’une grosse ? 

Melissa McCarthy avoue s’être autant éclatée dans les scènes de comédie pure que dans l’action. Il faut la voir dégommer la redoutable Raina (Rose Byrne) à coup de poêle à frire, maîtriser la chute à scooter qui fait « pof » et voltiger dans les airs, agrippée à un hélicoptère. Paul Feig ne réussit pas seulement une parodie, il signe un vrai film d’espionnage, au confortable budget de 65 millions de dollars. « J’aime les films d’action pour leur côté viscéral, confie ce grand amateur de cinéma hongkongais, et particulièrement de Jackie Chan. Il a été une révélation pour moi, la preuve que l’on pouvait mélanger le spectaculaire et l’humour. »  

Spy, dimanche 24 août à 21h10 sur TF1

Par
Isabelle Magnier