UN THRILLER SUR LE FIL DU RASOIR
Superstar du polar judiciaire, avec une quarantaine de livres, l’ex-avocat John Grisham écrit sur le pouvoir, la corruption et l’argent. Sa moelle, c’est David contre Goliath. Ses héros se mettent en danger pour rétablir la justice face à des « méchants », aussi puissants soient-ils. Comme ceux de L’Affaire Pélican, les intrépides Darby Shaw, une étudiante en droit de La Nouvelle-Orléans, et Gray Grantham, un grand reporter du Washington Herald. Au risque de leur vie, ils enquêtent sur l’assassinat de deux hauts magistrats de la Cour suprême et se retrouvent sur une piste jonchée de cadavres.
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Alan J. Pakula, réalisateur en 1976 des Hommes du Président, sur le scandale du Watergate, a acheté les droits après la lecture du synopsis, avant même que le livre ne soit achevé : « J’aime les histoires de lutte pour le pouvoir. Les journalistes d’investigation me passionnent, ils sont ce qu’étaient les privés, dans les années 40-50. Et je m’intéresse aux comportements humains. Qu’est-ce qui pousse les gens à se compromettre ? Comment une universitaire se retrouve-t-elle au coeur d’un scandale ? »
LA MORT AUX TROUSSES
En écrivant son livre, John Grisham voyait déjà son héroïne sous les traits de Julia Roberts. Pakula est sur la même longueur d’onde : « C’était elle et personne d’autre. » Depuis deux ans, la star s’est éloignée d’Hollywood. Lassée d’être associée à Pretty Woman, elle refusait toutes les propositions : « Je cherchais un film très différent. L’attrait d’un rôle fort, ajouté à la joie de travailler avec Alan J. Pakula, a été décisif. J’avais déjà lu et adoré le roman. C’est sur cette base que j’ai accepté. » Pakula lui offre même la liberté de choisir celui qui incarnera le journaliste. Ce sera Denzel Washington, dont elle avait admiré la performance dans Malcolm X, de Spike Lee.
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Tandis qu’elle se forme aux notions de droit à l’université Tulane, en Louisiane, où fut tournée une partie du film, et s’astreint à des exercices physiques pour retrouver la forme, son partenaire fait un séjour au célèbre Washington Post et y rencontre Bob Woodward, l’un des deux reporters qui avaient révélé le scandale du Watergate, en 1972 (incarné par Robert Redford dans Les Hommes du Président).
Dans la fictive Affaire Pélican, le locataire du bureau ovale est un piètre homme d’État. Pour une séquence à la Maison-Blanche, le réalisateur s’est inspiré de George H. W. Bush, à travers une anecdote racontée dans les carnets de son conseiller, Ronald Reagan. Alors que ce dernier lui rapportait une nouvelle grave, en pleine crise politique, le Président Bush était en train d’apprendre un tour à son chien. Ce « Pélicangate » à tiroirs a plutôt bien vieilli, grâce à l’efficacité de sa mise en scène et au charme de son duo de stars métissé, à la fois traqueur et traqué. Et parce qu’il y est aussi question de la puissance des riches, de cupidité, de corruption, pas encore de fake news, mais pas loin, et, déjà, de combat pour l’environnement. Des sujets plus que jamais d’actualité.
L’Affaire Pélican, dimanche 16 mars à 20h55 sur Arte