Elle a déclaré officiellement ouverte la 77ème édition du Festival de Cannes. Ce mardi 14 mai, Camille Cottin était la maitresse de cérémonie d’ouverture de l’événement qui réunit les plus grandes stars du cinéma sur la Croisette. "Chers invités, chers amis, c’est un honneur et une joie immense de vous accueillir dans ce palais mythique. Vous l’ignorez peut-être, mais vous vous apprêtez à rentrer dans un monde parallèle qu’on appelle le vortex cannois. Dans ce monde, l’espace, le temps, la santé aussi, vont devenir des notions un peu floues. Ne vous inquiétez pas c’est normal", a lancé l’actrice.
Dans sa longue robe noire, Camille Cottin poursuit son discours en évoquant le mouvement MeToo, pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes. "Dans ce monde le jour et la nuit se confondent. On part en projection, très tôt le matin sans avoir dormi et on donne ses rendez-vous professionnels en pleine nuit, sur une plage qui porte le nom d’une marque. C’est normal. Ah oui, je précise que les rendez-vous professionnels nocturnes dans les chambres d’hôtels des messieurs tout puissants ne font plus partie des us et coutumes du vortex cannois suite à l’adoption du mouvement MeToo et on s’en félicite !", lance-t-elle. Un rappel qui lui vaut les applaudissement du public
MeToo "ne sera pas du tout occulté au festival"
Lors d’un entretien accordé à Sud Ouest, l’ancienne Connasse, princesse des coeurs a déclaré : "On est à un moment de remise en question profonde, structurelle. Judith Godrèche a ouvert la voie. Ce sujet ne sera pas du tout occulté au festival, au contraire. Il a toujours été très connecté à la société, ne serait-ce que parce que le cinéma est le miroir de ces évolutions". Cette année le Festival de Cannes aura donc du mal à éluder la question des droits des femmes. Quelques heures avant le lancement des festivités, cent personnalités ont signé une tribune dans le journal Le Monde, pour demander "une loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, ambitieuse et dotée de moyens".
Celle-ci devrait "permettre de clarifier, entre autres, la définition du viol et du consentement, introduire celle de l’inceste, de juger les violeurs en série pour tous les viols connus, d’élargir les ordonnances de protection aux victimes de viols, de faciliter la collecte de preuves, de créer des brigades spécialisées, d’interdire les enquêtes sur le passé sexuel des victimes". Un texte accompagné d’une pétition initiée par La Fondation des femmes, #Metoomédia et l’actrice Anna Mouglalis. Parmi les signataires, les comédiennes Emma de Caunes, Judith Godrèche, Juliette Binoche, Isabelle Adjani ou encore Emmanuelle Béart. Ou encore les autrices Christine Angot, Vanessa Springora et Leila Slimani.