#MeToo : agressée, Mélanie Page témoigne à son tour : « Je ne savais pas du tout me défendre »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:54
Sebastien Fremont / Starface
La compagne de Nagui a également réagi au mouvement #MeTooGarçons lancé par l'acteur Aurélien Wiik, avec qui elle a travaillé à l'époque.

Sur les réseaux sociaux le 22 février 2024, l’acteur Aurélien Wiik notamment vu dans Munch et Le Bazar de la Charité sur TF1 a lancé le mouvement #MeTooGarçons en témoignant des abus sexuels dont il a été victime pendant plusieurs années par son agent et plusieurs personnes de l’entourage de cet agent lorsqu’il était enfant et déjà acteur. À l’âge de 16 ans, Aurélien Wiik a porté plainte et envoyé son agresseur en prison. La comédienne Mélanie Page, qui le connaissait, a réagi à ces révélations dans La bande originale sur France Inter ce mardi 27 février.

En 1994, elle avait joué dans la pièce de théâtre Parfum Vanille, mise en scène par "Christian Noël qui était un prédateur sexuel. Et qui d’ailleurs a agressé Aurélien Wiik qui en a parlé, il y a pas longtemps sur les réseaux. Donc le lien est fait tout de suite. (…) Il avait 12 ans et j’en avais 17… Aurélien, je le connais depuis qu’il a commencé et on a vécu toute cette histoire ensemble. Je lui ai écrit quand j’ai vu qu’il avait lancé ça sur les réseaux. Il y avait des choses qui se savaient, mais j’étais embrigadée dans le même brainwash (lavage de cerveau en français, ndlr). Ces gens-là savent vous faire penser quand on est très jeune, enfant ou ado, qu’on est amis et qu’on a de la chance de les côtoyer. Et du coup, on ne sait pas où est la normalité, surtout quand on n’a pas eu l’éducation pour… Il y a un truc comme ça de : ‘Non mais c’est normal et on s’aime’. Mais non, en fait. On ne s’aime pas du tout et toi, tu ne nous aimes pas !".

Celle qui sera à l’affiche de son nouveau spectacle Ce qui ne nous tue pas dès le 29 février au Théâtre Lepic de Paris a malheureusement eu affaire, elle aussi, a des agresseurs dans ce milieu : "J’ai été au contact de plusieurs prédateurs sexuels dans ma jeunesse. (…) À l’époque, j’étais une croix, je ne savais pas du tout me défendre. J’ai appris dans le dur, avec le temps. Au bout d’un moment, quand on vit des agressions et qu’on n’est pas respecté dans sa chair, il y a un moment où ça se réveille et on dit : ‘non, j’ai droit au respect, à mon intégrité’. Mais c’est un parcours qui s’est fait dans le temps". Pour Mélanie Page, le seul moyen pour protéger les enfants et adolescents est la prévention par les adultes : "Leur dire que leur corps n’appartient qu’à eux, que leur intimité n’appartient qu’à eux. Et que s’il y a quoi que ce soit qu’ils trouvent louche, d’en parler autour d’eux".

Par
Hugo Mallais