“Je n’ai pas revu le Marie Antoinette de Sofia Coppola depuis sa sortie, en 2006. J’ai tout oublié", prévient Deborah Davis, auteure du biopic (8×52 min) à 27 millions d’euros sur la reine. Une superproduction Capa Drama, Banijay Studio France et Les Gens, tournée en partie à Versailles, à Vaux-le-Vicomte et dans les studios de Bry-sur-Marne. Gageons que la scénariste possède une solide connaissance du XVIIIe siècle. Elle a été nommée aux Oscars en 2019 pour La Favorite, un drame au sein de la cour d’Anne Stuart, reine de Grande-Bretagne. On retrouve ici les ingrédients qui ont fait le succès du film de Sofia : une base historique empreinte d’un souffle moderne et féministe, quitte à forcer un peu le trait des personnages. Si le portrait de la reine Marie-Antoinette, incarnée par Emilia Schüle (actrice germano-russe fraîche et pétillante), est assez fidèle, le duc de Berry, futur Louis XVI, apparaît comme un adolescent coincé, muet. Il est campé par Louis Cunningham, vu dans La Chronique des Bridgerton. Ce comédien a la particularité d’être lui-même de sang royal, il est le fils de la princesse Charlotte de Luxembourg.
Famille dysfonctionnelle
Les filles du roi Louis XV, Victoire et Adelaïde, interprétées par la Française Caroline Piette et la Franco-Anglaise Crystal Shepherd-Cross, sont dépeintes comme de vieilles filles acariâtres et médisantes. Marthe Keller incarne une sublime Marie-Thérèse d’Autriche, la mère de Marie-Antoinette. Quant à Madame du Barry, la favorite de Louis XV et ennemie jurée de Marie-Antoinette, incarnée par la comédienne Gaia Weiss (Vikings), elle est décrite comme une intrigante autoritaire et déterminée. Le comte de Provence, frère cadet de Louis XVI, joué par Jack Archer, jeune acteur britannique, est un envieux qui lorgne sur la place de son aîné. La princesse de Lamballe, fidèle amie et confidente de Marie-Antoinette, est campée par l’Anglaise Jasmine Blackborow. Enfin, l’acteur James Purefoy, vu en Marc-Antoine dans la série Rome, prête ses traits à un Louis XV vieillissant mais toujours vert.
Adolescente rebelle
Lorsque la future reine arrive à la cour, elle n’a que 14 ans. Rebelle, l’adolescente se heurte aux pesanteurs protocolaires héritées de Louis XIV. Elle doit accepter ce destin royal qu’elle n’a pas désiré. Deborah Davis la compare même à la princesse Diana… Dès son accession au trône, la jeune femme dépoussière la cour et transforme Versailles en capitale européenne de la mode. Musicienne, elle organise des « boeufs » au Trianon, avec le chevalier de Saint-Georges, un mulâtre antillais… Scandale ! Ces bouleversements dans les habitudes de la cour lui attireront beaucoup d’animosité. La série devrait compter trois saisons, a annoncé Claude Chelli, directeur de Capa. La présentation de la série a eu lieu à l’hôtel Crillon, avec vue sur la place de la Concorde, là où deux siècles plus tôt, un 16 octobre 1793, s’acheva tragiquement le destin de cette reine, victime d’une révolution sanglante.
Marie-Antoinette : lundi 31 octobre à 21h10 sur Canal+
Hacène Chouchaoui