Kirsten Dunst : « Marie-Antoinette a été parachutée dans un monde d’adultes zinzins » (TF1 Séries Films)

Publié le 23 janvier 2022 à 13:01
© 2006 I Want Candy
En 2006, Sofia Coppola épatait la galerie avec ce portrait très personnel, chic et branché, d’une reine qui envoie valser les conventions imposées par la cour. Visite guidée.

L’histoire, pas l’Histoire 

En avril 1770, Marie-Antoinette (Kirsten Dunst), 14 ans, quitte l’Autriche pour la France. Elle doit y épouser Louis XVI (Jason Schwartzman) et sceller l’alliance entre leurs pays. Loin de chez elle, délaissée par son époux, elle s’évade dans un monde de luxe et de fêtes… Sofia Coppola a d’abord pensé s’inspirer de la biographie de Stefan Zweig, mais, rebutée par sa rigueur, elle lui a préféré celle, moins pointilleuse, mais plus excitante à ses yeux, de l’Anglaise Antonia Fraser.

La reine Kirsten 

Menue, blonde, le sourire espiègle, Kirsten Dunst (Mary Jane dans la trilogie Spider-Man, de Sam Raimi), incarne, tout en ingénuité et charme mélancolique, une souveraine qui envoie valser l’étiquette. L’actrice, qui a débuté à 6 ans, avec Woody Allen, dans New York Stories, joué à 12 ans dans Entretien avec un vampire, de Neil Jordan, est en osmose avec son modèle : "Marie-Antoinette a été parachutée dans un monde d’adultes zinzins, qui la haïssaient et la jugeaient. Je sais ce que c’est d’être une enfant et d’avoir un rôle à jouer, sans y avoir été préparée."

Fashion victim 

Marie-Antoinette dictait la mode, à Versailles, avec la complicité de sa couturière, Rose Bertin. Sofia Coppola a sa Rose à elle, la géniale Milena Canonero. Les costumes de Barry Lyndon, de Stanley Kubrick, c’est elle. Pour la confection des toilettes de la reine et des courtisans, elle a utilisé des pièces d’époque, fait venir des centaines de mètres de tulle, d’organza et de taffetas, imaginé des centaines de chapeaux et réuni des milliers de plumes. Pour cette folie « haute couture », la créatrice italienne a été couronnée, en 2007, d’un Oscar

Si Versailles m’était compté 

Ne tourne pas dans le château du Roi-Soleil qui veut. Le tarif de location, 15000 € par jour, a refroidi nombre de réalisateurs, qui ont préféré une reconstitution en studio. Sofia Coppola, elle, n’imaginait pas tourner ailleurs que sur les lieux mêmes où son héroïne a vécu, quitte à largement dépasser le budget initial (40 millions de dollars). Elle a eu le privilège d’accéder à la galerie des Glaces, qui a servi d’écrin au bal du mariage royal.

Anachronismes et rock attitude 

Parmi les innombrables souliers de la reine, la réalisatrice a laissé traîner une paire de Converse : « J’avais envie de m’amuser, mais aussi de mettre de la légèreté et de l’humour dans le film. » Et du rock ! Au rythme de I Want Candy, des Bow Wow Wow, on s’empiffre de macarons framboise-pistache (Ladurée est le fournisseur officiel du film), on traverse les jardins du roi au son du somptueux Ceremony, de New Order… Dans son Petit Trianon, la reine assiste même à un concert du groupe français Phoenix (dont l’un des membres, Thomas Mars, n’est autre que le compagnon de Sofia Coppola depuis 2005), en perruque poudrée et bas de soie.

Marie-Antoinette : dimanche 23 janvier à 21h00 sur TF1 Séries Films

Isabelle Magnier 

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