Morts au sommet (France 2) – Laurent Gerra :  » J’ai demandé à ce que l’on réécrive le personnage »

Publié le 23 octobre 2023 à 9:23
©Jean-philippe BALTEL - LIZLAND - FTV
Le comédien incarne à nouveau le capitaine de police Andreas Meyer, cette fois pour traquer dans la neige une bande de braqueurs.

On vous retrouve dans une nouvelle enquête du policier suisse Andréas Meyer. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ? 

Laurent Gerra : Ça se tournait en bas de chez moi, et j’adore la neige. (Rires) Ça aurait pu être l’une des raisons, parce qu’ayant une ligne Numéris dans mon chalet, je pouvais continuer à faire mes émissions sur RTL. J’aime surtout le travail du réalisateur, Éric Valette, avec lequel je partage la passion pour les westerns. On retrouve d’ailleurs dans ce téléfilm les ingrédients du genre, avec de l’action au milieu d’une nature sauvage.

Le tournage, qui s’est déroulé en janvier dans la vallée de la Haute-Maurienne (Savoie), a dû être éprouvant… 

Nous avons tourné des scènes par – 27 °C. Il faisait tellement froid que nous avions du mal à articuler. J’avais prévenu la production de prévoir des équipements chauds, dont des sous-vêtements Thermolactyl… 

Qu’est-ce qui vous séduit dans le personnage du capitaine Meyer ? 

Quand j’ai découvert le scénario, Meyer était décrit comme une vraie endive. Il était maladroit, ne savait pas marcher dans la neige, un comble pour un Suisse. En plus, il était complètement gaga devant la légiste. J’ai demandé à ce que l’on réécrive le personnage. Si je devais le dépeindre, je dirais que c’est un taiseux, pudique, avare de ses sentiments et qui peut parfois se montrer cassant. Ce veuf – il a perdu sa femme – en pince pour sa collègue, la gendarme française Constance Vivier (Clémentine Poidatz, photo), sans oser lui avouer. J’ai toujours pensé que l’ambiguïté était plus intéressante que le passage à l’acte. La seule avec laquelle il fend l’armure est sa fille, Violette (Margaux Ribagnac-Vin). J’ai toutefois demandé que l’on élague les scènes trop larmoyantes. Les regards et les silences valent mieux que les longs discours.

Il y a une scène de course-poursuite à skis qui est d’anthologie. Avez-vous été doublé ? 

Non, c’est bien moi qui la joue. J’adore skier. J’avais demandé qu’il y ait des scènes de glisse. Avant les prises, il nous avait été interdit de skier, mais je suis passé outre. Il fallait bien s’entraîner… (Rires) 

On ne vous propose pas de comédie. Ce qui est un comble pour un humoriste. Regrettez-vous cette situation ? 

Tout à fait. D’ailleurs, je vais bientôt jouer dans un unitaire sous la direction d’Hélène Fillières, avec laquelle j’avais tourné Une confession (diffusé le 22 mars 2023, sur France 2, ndlr). J’aurai pour partenaire Eddy Mitchell. L’histoire tourne autour d’un sujet grave : la rumeur. 

Qui est le vrai Laurent Gerra, l’homme de scène ou celui des plateaux ? 

Un peu des deux. Ce que je raconte dans mes spectacles, je le pense en partie, comme il y a de moi dans les personnages que je joue à l’écran, à l’exception de l’abbé Vautrin dans la série Les Combattantes (série historique qui a été diffusée en septembre 2022 sur TF1), une belle saloperie celui-là ! J’ai le luxe de faire ce que je veux : mes émissions sur RTL (du lundi au vendredi, à 8 h 50), la préparation de mon prochain spectacle, qui arrive en mai, la gestion de mes restaurants et m’occuper de ma fille de 3 ans, Célestine, avec laquelle je passe des moments heureux. Je suis un homme comblé. 

Morts au sommet, lundi 23 octobre à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui