Qui est Denise Royan, votre personnage ?
Marie-Christine Barrault : Une femme qui cultive une certaine ambiguïté. Elle n’est pas tout à fait ce qu’elle laisse paraître. Elle donne l’apparence d’une femme sûre d’elle, froide et autoritaire, mais elle dissimule des fêlures. Cette femme vient d’un milieu modeste. À force de travail, elle a réussi à devenir propriétaire d’un casino. L’assassinat de l’un de ses anciens salariés sur lequel enquête le capitaine Clément Royan (Nicolas Gob), qui est aussi son petit-fils, va révéler des failles enfouies en elle.
Quel rapport entretient-elle avec son descendant ?
Elle l’adore, mais Clément est en froid avec sa famille. Sa mère a mystérieusement disparu lorsqu’il était enfant. L’officier de police en veut à son père, Édouard (Philippe Résimont), qui a refait sa vie et dont il ne supporte pas la bêtise et les réflexions racistes à l’encontre de son enfant métis. Denise souffre de cette situation. Elle voudrait que les deux hommes se réconcilient et qu’elle puisse enfin voir plus souvent son arrière-petit-fils.
Vous aviez déjà joué dans deux numéros de la collection Meurtres à… (à Strasbourg et en Guadeloupe). Qu’est-ce que celui-ci à de particulier ?
Dans les précédents, je ne faisais qu’une modeste participation, alors qu’ici, j’ai l’un des rôles principaux. Et puis tourner sous la direction de Gabriel Aghion a été un bonheur. J’étais « en idylle » avec lui. Je me suis sentie portée par son regard et son talent. Nous avons d’ailleurs un nouveau projet ensemble, mais je ne peux pas vous en dire plus…
Dans cette enquête, il est question d’une confrérie de charité, qui accompagne les inhumations. Une tradition remontant aux épidémies de peste du Moyen Âge. Quel rapport entretenez- vous avec la mort ?
Elle est très présente dans ma vie, c’est un peu normal à mon âge (79 ans, ndlr). Mais je ne l’envisage pas comme une chose angoissante. Curieusement, dans tous les rôles que je fais actuellement, que ce soit en tournage ou au théâtre, la mort est présente. En 2022, je mourais dans la pièce Une mort dans la famille, d’Alexander Zeldin, et, cette année, j’ai joué à Avignon Voyage à Zurich, de Jean-Benoît Patricot, dans laquelle mon personnage se rend en Suisse pour mettre fin à ses jours. Là, je finis le tournage en Italie d’un film sous la direction de Mimmo Verdesca dans laquelle je me donne la mort.
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Vous avez aussi publié, en avril, un livre, Si tu savais, c’est merveilleux, aux Éditions Stock, dans lequel vous vous racontez à travers les deuils que vous avez vécus…
Le sujet m’a toujours inspirée. Lorsque l’on a le chagrin de perdre un être cher, le seul moyen de se relever est de reconstruire sa vie à partir du disparu. Je cite cette formule : « Les vivants ferment les yeux des morts, mais les morts ouvrent les yeux des vivants. » C’est une philosophie que je n’ai eu de cesse d’appliquer depuis la mort de mon père, quand j’avais 14 ans, jusqu’à celle de mon grand amour, Roger Vadim, en 2000. Ils m’ont donné la force de vivre. Je profite ainsi de chaque journée, comme si c’était la dernière.
Meurtres sur la Côte fleurie, samedi 23 décembre à 21h10 sur France 3