Le Vent des sables (France 3) – Marie-Josée Croze : « Je ne désespère pas de jouer un jour dans une comédie à mon goût »

Publié le 7 septembre 2024 à 9:02
AURELIEN FAIDY / SON ET LUMIERE / FTV
INTERVIEW. L’actrice interprète un lieutenant de police qui se lance, avec son adjoint joué par Tom Leeb, sur la piste d’un criminel dans le milieu des skippers.

A quelques jours du départ du Vendée Globe, un important sponsor est retrouvé assassiné aux Sables d’Olonne. Votre personnage, Judith Kamara, est chargé de l’enquête. Qui est-elle ? 

Marie-Josée Croze : C’est une enfant du pays qui connaît bien le milieu de la voile. Cette enquête dans sa ville natale va la replonger dans un passé douloureux. Judith est une policière atypique mais appréciée par sa hiérarchie. Une solitaire qui fonctionne de manière instinctive et directe, quitte à paraître parfois un peu brouillonne. 

Pour mener les investigations, on va lui associer Olivier Finet, un lieutenant joué par Tom Leeb, qui semble être son opposé… 

En effet, tout semble les séparer. Il est élégant et délicat, Judith, peu apprêtée et brute de décoffrage. Elle est fonceuse quand lui est plutôt réfléchi. Au fil de l’histoire, ils vont apprendre à se connaître, à se respecter et finalement à former un duo complémentaire. 

Comment s’est passée votre collaboration avec Tom Leeb ? 

Je ne le connaissais pas du tout. J’ai découvert un garçon intelligent, drôle, pétri de talent, très impliqué. C’est un jeune acteur en pleine construction qui peut aller très loin. 

Vous connaissiez le milieu de la course à la voile avant de faire ce tournage. Avez-vous suivi une préparation spécifique ? 

Pas du tout. Je ne suis pas du genre à faire un stage d’observation dans un commissariat ou une école de voile pour incarner un personnage. Avant un tournage, je vais plutôt m’adonner à une préparation à base de sport et de yoga pour arriver en pleine forme sur le plateau. J’aborde mes rôles à l’instinct, je fais confiance à la direction d’acteur. Je n’ai aucun problème à jouer les scènes d’émotions. Il suffit de croire à ce que l’on fait. Le plus difficile dans notre métier est d’exécuter des actes simples du quotidien avec le plus grand naturel. On voit des acteurs censés être chez eux et qui semblent hésitants et laborieux en ouvrant une fenêtre. 

On vous propose souvent des rôles dramatiques, rarement des comédies. Pourquoi ? 

C’est vrai, et pourtant je suis une bonne vivante. J’adore rire. On m’a déjà proposé des comédies, que j’ai refusées, car, à tort ou à raison, elles ne m’amusaient pas. J’adore l’humour absurde et décalé, celui de Peter Sellers, du duo Jaoui-Bacri, ou encore d’Alexandre Astier dans Kaamelott. Je ne désespère pas de jouer un jour dans une comédie à mon goût. 

Contrairement aux chanteuses, vous êtes, avec Carole Laure, l’une des rares actrices québécoises à avoir réussi en France. Serait-ce parce que vous n’avez pas l’accent ? 

Sans doute. J’ai été adoptée par une famille québécoise, mais à l’origine, mes racines biologiques sont acadiennes. Ce n’est pas le même accent. On m’appelait « la petite Française ». Par ailleurs, j’ai beaucoup regardé les journaux télévisés au Canada. Les journalistes s’expriment avec l’accent français. Ça a formé ma diction. 

Quels sont vos projets ? 

Je viens de terminer un tournage sous la direction de Jan Kounen, avec Jean Dujardin. Il s’agit du remake d’un film fantastique, L’homme qui rétrécit, sorti en 1957. Du coup, j’en profite pour souffler un peu. 

Le Vent des sables samedi 7 septembre à 21h10 sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui