Marie-Josée Croze (Prométhée) : Ce drame personnel qui lui a servi pour incarner une mère en deuil

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 6:17
©T.Langro / UGC / TF1
Révélée en France en 2006, dans le film Ne le dis à personne, de Guillaume Canet, l’actrice franco-canadienne joue ici la carte de l’émotion. Confidences recueillies lors du Festival de la fiction TV de La Rochelle 2022.

Parlez-nous de Caroline, votre personnage… 

Marie-Josée Croze : Elle est proviseure de lycée. C’est une femme meurtrie depuis le décès brutal de sa fille, Justine. Elle tente de survivre à ce drame, notamment en animant des réunions de parents en deuil. Mais, un jour, l’apparition d’une jeune inconnue, Prométhée (Fantine Harduin), bouleverse sa vie. Inconsciemment, Caroline fait un transfert. Elle voit tout de suite en cette adolescente l’ombre de sa propre fille. Elle se « jette » sur elle de manière frénétique et excessive, jusqu’à en oublier la réalité. Elle est constamment sur le fil. Néanmoins, c’est une femme intelligente et réflective, qui a conscience qu’elle peut à tout moment basculer dans la folie. 

Votre interprétation de cette femme brisée sonne très juste. Comment avez-vous abordé ce rôle délicat ? 

Cette histoire a tout de suite résonné en moi. À l’adolescence, j’ai perdu ma meilleure amie dans un accident. On se ressemblait beaucoup, toutes les deux, physiquement. Et sa maman a projeté sur moi l’amour qu’elle ne pouvait plus donner à sa fille. Lorsque j’ai lu le scénario, j’ai immédiatement pensé à cette femme. Cela m’a beaucoup servie pour jouer ce rôle de maman inconsolable. 

Il y a eu peu de préparation, donc… 

Non, aucune ! J’ai cette habitude de ne jamais travailler en amont. Je compose sur place. Bien sûr, quand je lis un scénario, je suis happée, touchée, interpellée… Soit je connais le sujet, et ça m’intéresse, soit je ne le connais pas, et j’ai envie de le découvrir. Dans tous les cas, c’est le désir qui oriente mes choix. En trente ans de métier, j’ai essayé bien des techniques, mais, pour moi, la meilleure reste celle qui consiste à ne pas réfléchir et à se laisser porter par le metteur en scène, en étant à son écoute. J’applique la méthode, toute simple, du If… (« Si », en anglais). Si j’avais eu cette existence, comment aurais-je réagi ? S’il m’était arrivé cela, qu’aurais-je fait ? Tout part toujours de soi. Nos propres expériences nous rattrapent, forcément, et elles peuvent nous servir comme nous desservir… 

Comment s’est passé le tournage avec la jeune comédienne,  Fantine Harduin ? Et comment avez-vous travaillé ensemble ? 

Nous n’avons pas eu besoin de répétitions. Dès que l’on entendait « moteur », on y allait ! Et entre les prises, on chantait et on dansait pour se détendre. C’est une habitude que j’ai, avec les comédiens, pour nous mettre à l’aise et en confiance. J’adore ces moments, si particuliers. Il ne faut tout de même pas oublier que le métier d’acteur, c’est avant tout un métier d’enfant. On joue en permanence ! 

Qu’avez-vous pensé du jeu de Fantine ? 

Elle est incroyable, dans ce rôle tellement complexe… J’ai immédiatement décelé son talent d’actrice. Je suis devenue fan !

Prométhée, jeudi 23 mars à 21h10 sur TF1

INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE 

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