Pourquoi avoir accepté ce rôle de Jacqueline ?
Line Renaud : Parce qu’elle défend un combat qui me tient à coeur et auquel j’adhère à 100 %. Celui du droit à mourir dans la dignité. Je me retrouve beaucoup dans cette femme militante qui ne veut renoncer ni à son honneur ni à son amour.
Ce téléfilm est l’adaptation d’une pièce de l’animateur Laurent Baffie, Les Amants du Lutetia. La connaissiez-vous ?
Laurent l’a écrite en pensant à moi, il me l’a fait lire, et j’ai immédiatement songé que ce serait un merveilleux téléfilm. Laurent est un ami et un voisin, il a pour lui l’humour, mais aussi tant de tendresse et d’émotions à fleur de peau.
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Vous qui avez toujours été une femme engagée : le droit de choisir sa fin de vie serait-il devenu votre nouveau combat ?
En effet, le sida a été le combat de ma vie, au point de refuser d’autres engagements. Néanmoins, le droit à mourir dans la dignité me touche aujourd’hui dans ma chair. Je suis une femme âgée qui dompte chaque jour l’idée de la mort, je pense être légitime dans ce combat. Jean-Luc Romero, le président d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, est mon ami depuis des années, j’ai voulu le rejoindre.
Comprenez-vous les gens qui souhaitent décider de leur mort ?
Je le comprends très bien. Quand le confort de vie n’est plus au rendez-vous, quand les lendemains s’annoncent sombres, pourquoi ne pas devancer l’appel et alléger le poids des souffrances ? Personnellement, je suis pour la liberté et la dignité à tout prix… Si notre vie nous appartient, il doit en être de même pour notre mort.
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Comprenez-vous aussi la peine que peut engendrer, pour l’entourage, une telle prise de décision ? Vous-même, auriez-vous compris que vos parents fassent un tel choix ?
C’est une décision tellement personnelle… Je ne crois pas que quiconque puisse la juger ou la contredire. Ma mère, à la fin de sa vie, a fait preuve de tous les courages, elle souffrait atrocement… J’aurais aimé pouvoir la soulager et j’aurais, bien sûr, compris qu’elle me réclame une aide à mourir. J’aurais mis de côté ma peine pour soulager la sienne, mais je ne pouvais rien faire… L’absence de loi m’en empêchait.
Avez-vous peur de mourir ?
Non. La mort et moi, nous nous sommes croisées plusieurs fois, je l’ai apprivoisée. On ne peut pas aimer la vie et refuser la mort, l’une ne marche pas sans l’autre. Je suis sereine. Qu’elle vienne quand bon lui semblera, mais sans douleur, et pas tout de suite, j’ai encore deux ou trois choses à faire…
Pensez-vous que le fait de croire en un dieu, quel qu’il soit, aide à appréhender la mort ?
Mais bien sûr que la foi allège la peur ! Je suis croyante, bien qu’absente du premier rang de l’église, à l’heure de la messe. Je vis ma foi en solitaire et en mon for intérieur. Je prie tous les jours, à ma façon, sans prêtre ni chapelle, avec la conviction que je retrouverai demain ceux que j’ai tant aimés.
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Un projet de loi sur la fin de vie devrait être prochainement présenté en conseil des ministres… Comment peut-on faire avancer les choses ?
La balle est dans le camp des législateurs, je ne doute pas que la loi voie bientôt le jour…