Vous incarnez Gabrielle de Miremont, une femme très pieuse, qui découvre que Pierre-Marie (Laurent Stocker), ce fils adoré, prêtre de sa paroisse, est soupçonné de pédophilie. Comment avez-vous abordé ce rôle ?
Marie-Christine Barrault : Avec simplicité. Quand un rôle est bien écrit, le travail des comédiens est déjà fait. Il faut dire que le personnage m’a beaucoup plu. Gabrielle de Miremont est une femme de foi, bardée de certitudes. Soudain, tout se fissure. Face aux charges qui pèsent sur son fils, cette mère ne s’arc-boute pas sur ses convictions. Elle a le mérite de se remettre en question. Courageusement, elle entreprend son chemin vers la vérité, même s’il va s’avérer douloureux. Un rôle qui joue beaucoup sur l’émotion.
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Quelles sont les scènes qui vous ont le plus marquée ?
La séquence finale avec Laurent Stocker, dont je ne révélerai pas la teneur, et une autre dans le confessionnal, où les rôles sont inversés. Gabrielle tente de confesser son fils, le prêtre.
Comment s’est passée votre collaboration avec Laurent Stocker ?
Pour une comédienne, jouer avec Laurent Stocker, c’est comme conduire une Rolls. C’est un partenaire inouï. Il ne tire jamais la couverture à lui.
Ce rôle de Gabrielle vous a valu le Prix d’interprétation féminine au dernier Festival Polar de Cognac. Ça vous a touchée ?
C’est toujours gratifiant, d’autant que j’éprouve pour Cognac un sentiment très tendre : c’est la ville où j’ai rencontré Roger Vadim, le grand amour de ma vie (le couple s’est marié en 1990, ndlr) !
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La religion semble avoir été un fil rouge dans votre carrière. Est-ce exact ?
Je veux d’abord préciser que ce film n’est pas une attaque contre l’Église. C’est une histoire entre une mère et son fils. Je concède toutefois que ma foi m’a apporté une cohérence dans le choix de mes rôles. Adolescente, j’ai joué L’Annonce faite à Marie, de Paul Claudel, puis, à 25 ans, dans Ma nuit chez Maud, d’Éric Rohmer, j’ai été Françoise, une jeune catholique fidèle à ses valeurs. Aujourd’hui, je suis Gabrielle, cette mère à la foi ardente. Quand j’ai embrassé cette carrière, j’étais résolue à réussir ma vie de femme, d’artiste, de citoyenne, d’amoureuse, de mère, d’épouse. Je ne me suis jamais compromise. J’ai toujours cherché la cohérence dans mes choix artistiques. J’ai été Marie Curie dans un téléfilm (1991), j’ai joué, l’an dernier, dans une pièce en hommage à l’avocate Gisèle Halimi, et, actuellement, je suis à l’affiche, au théâtre de la Reine Blanche, à Paris, dans La Découvreuse oubliée, une pièce sur Marthe Gautier, une chercheuse dont la découverte de la trisomie 21 a été spoliée par le Pr Lejeune. Toutes des femmes fortes et fidèles à leurs valeurs.
La Maman du bourreau, mercredi 18 février à 21h10 sur France 2