Vous qui avez déclaré avoir "un style de vie parfait, sain et équilibré", qu’est-ce qui a motivé votre candidature à Koh-Lanta ?
Helena : C’est justement pour voir si mes capacités sportives et mon mental tenaient dans des conditions de survies extrêmes, sans tout le confort autour de moi, ni le soutien de mes proches. Je voulais faire la compétition la plus difficile de ma vie.
Quelle était votre stratégie pour avancer ?
Je n’en avais pas vraiment, je misais tout sur le côté sportif. La plupart des aventuriers prônaient « le Koh-Lanta du mérite », donc à partir du moment où j’estimais avoir eu du mérite en remportant des épreuves, je ne me sentais pas du tout en danger.
Pourtant au début du jeu vous ne faites pas l’unanimité auprès des aventuriers…
Je ne m’étais pas rendu compte que les gens avaient un regard négatif envers moi. J’avais simplement exprimé ma fierté d’avoir gagné une épreuve. Je me suis mal exprimée, et cela a été mal interprété. Il y a un monde entre savourer sa victoire et rabaisser les gens. On a jugé que j’étais arrogante alors que c’était juste une posture d’assurance. Tout le monde rêve d’avoir confiance en soi et lorsqu’on est devant ce type de personne, finalement ça dérange… Heureusement mes camarades ont rapidement changé d’avis en apprenant à me connaître.
Sur les réseaux sociaux les internautes n’ont pas été tendres avec vous non plus…
Après la diffusion du premier épisode, j’ai subi une vague de critiques… Heureusement ça changé, aujourd’hui je reçois 99% de messages de soutien. Les gens se sont attachés à mon personnage. On peut parfois mal commencer et bien terminer… mieux vaut dans ce sens-là que l’inverse (rires).
Lors du jeu d’immunité, Denis Brogniart a proposé une épreuve alternative pour gagner un collier d’immunité, pourquoi vous n’avez pas tenté votre chance ?
Je voulais aller jusqu’au bout, car je me sentais à l’aise sur les épreuves statiques. Je gère assez bien la douleur et je ne voulais pas prendre de risques.
Dans quel état d’esprit avez-vous appréhendé le conseil ?
Au début j’étais très sereine, car j’avais brillé dans les épreuves. J’ai été rassurée par Laura, Clémence et Gilles. Ce dernier m’avait d’ailleurs promis de ne pas voter contre moi. Quand je faisais le bilan des votes, je m’en sortais. Mais dès que Clémence à remporter le jeu d’immunité, j’ai commencé à entendre des rumeurs…
Qu’avez-vous ressenti à l’annonce du verdict ?
Je n’ai trahi personne, j’ai toujours été performante dans les épreuves et j’ai quand même été éliminée injustement, sans aucune justification valable, alors que d’autres été épuisés et faisaient des siestes toutes la journée… Ça paraît bête, mais j’ai tellement pris ce jeu à cœur, que j’ai été extrêmement déçue et vexée de mon élimination. J’ai mis très longtemps à m’en remettre. J’ai vécu ça comme un échec.
Que répondez-vous à Gilles ou Clémence, qui justifient leur vote par le jeu des alliances ?
C’est justement ce qui m’énerve le plus. Ils n’ont pas voté en leur âme et conscience, mais pour ne pas risquer de froisser leurs alliés ou de peur de se retrouver seul. Ils disaient tous voter au mérite et il a suffi que Nicolas leur parle 30 secondes pour retourner leur veste. Je pense que Nicolas et Julie ont voulu faire un gros coup en sortant « l’aventurière », et que tout le monde s’est senti finalement rassuré que je parte. Ça leur laisse une chance de plus sur le podium.
Aviez-vous conscience de faire peur à certains candidats ?
Lors de la réunification, on est venu me répéter que certains aventuriers avaient dit « Helena sur les poteaux, elle va faire mal ». Avec le recul, je pense que ça arrangeait vraiment tout le monde que je parte, même mes alliés Fred et Quentin. Je trouve cela dommage, ils se gardent des jokers, pour ne jamais finir dernier. Quand on est un vrai compétiteur, on veut se mesurer aux plus forts. Je pense que le public va être assez choqué de ma sortie.
Avez-vous des regrets ?
D’avoir trop fait confiance. Je pense que si c’était à refaire, je m’investirais plus au niveau de la stratégie et que je ne ferais plus confiance à personne, ça c’est sûr ! Quand quelqu’un est sincère avec toi, te parle de sa famille et te trahit après… j’ai vraiment du mal avec ça. Mais c’est un jeu où il y avait 100.000 euros à la clé… Aujourd’hui je n’en veux à personne.
Sarah Ibri