« Pardon, je suis émue… » : Sonia Devillers très touchée et au bord des larmes en pleine interview sur France Inter (VIDEO)

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:22
La journaliste Sonia Devillers a été particulièrement émue en interviewant la réalisatrice Kaouther Ben Hania à propos du film La Voix de Hind Rajab.

Le choc  "La Voix de Hind Rajab" est sorti dans les salles obscures ce mercredi 26 novembre.

La Voix de Hind Rajab, le nouveau film coup de poing de Kaouther Ben Hania

Le nouveau film de Kaouther Ben Hania revient sur le terrible drame survenu à Gaza, où une fillette de cinq ans et demi, Hind Rajab, a trouvé la mort sous les tirs israéliens. Piégée dans une voiture dans le quartier Tel al‑Hawa avec six autres membres de sa famille, tous décédés autour d’elle, le film raconte ses appels désespérés au Croissant-Rouge palestinien (l’équivalent de la Croix-Rouge) et les efforts des secouristes pour la sauver.

Rappelons que cette histoire réelle, survenue le 29 janvier 2024, a bouleversé le monde entier. Le film adopte un format de docufiction, mêlant la réalité, via la voix et l’appel originels d’Hind, et une reconstitution dramatique centrée sur le centre d’appels.

Présenté au festival de Venise, le film a profondément marqué le public avec une standing ovation de 24 minutes, des spectateurs en larmes et un prix prestigieux, le Lion d’Argent. Invitée sur France Inter cette semaine, la réalisatrice a parlé de ce nouveau projet et la manière dont elle a contacté la mère de Hind Rajab pour lui parler du film. "Pour moi, il était hors de question de faire le film sans l’accord de la maman de Hind Rajab, donc je l’ai appelée. Elle était en deuil. Perdre un enfant pour une mère, c’est une des choses les plus horribles au monde, mais c’est une femme extrêmement courageuse et elle m’a dit : ‘je ne veux pas que ma fille soit oubliée dans l’amas de cadavres qui existe à Gaza’. (…) Elle a donné son accord, et elle est devenue partie prenante du film puisqu’on la voit aussi à la fin du film" a-t-elle raconté.

Si la maman de Hind Rajab n’a pas vu le film et refuse de le voir, elle tient à participer aux débats après le long-métrage car "il y a quelque chose de l’ordre des funérailles de sa fille. Elle reçoit les condoléances du public et c’est quelques chose qui l’émeut énormément car elle n’est plus seule dans cette douleur", a expliqué la cinéaste. 

Sonia Devillers émue en interviewvant la réalisatrice 

La journaliste Sonia Devillers a été particulièrement émue lors de cette interview et l’a exprimé au moment où elle interrogeait Kaouther Ben Hania. "C’est un dilemme moral, éthique que pose ce film… parce que ce film, c’est un huis clos, il ne sort jamais, jamais des bureaux du Croissant-Rouge, c’est extrêmement simple. Je vous le dis, c’est un chef-d’œuvre de mise en scène, c’est champ contre champ, les quatre visages de ces écoutants, des coordinateurs de la Croix-Rouge, c’est-à-dire : ‘Est-ce qu’on sauve la petite ?’ ‘Est-ce qu’on sacrifie nos ambulanciers ?’ et derrière, il y a la petite au téléphone, qui dit ‘mais viens me chercher’, d’ailleurs, on a l’impression que la petite… Pardon, je suis émue…" a-t-elle exprimé la gorge nouée sur France Inter, les larmes aux yeux, avant d’ajouter : "La petite, nous avons l’impression qu’elle grandit dans ces deux heures-là. La petite, au début, elle dit : ‘ma famille autour de moi, ils dorment’, et puis à un moment, elle dit à la psy : ‘ils sont morts, arrête de me dire qu’ils sont morts, ils dorment’ ".  

Un film coup de poing et choc qui marquera donc les esprits et son époque…

Par
Malo Morcel