Le 1er août 2003, Marie Trintignant a été assassinée sous les coups de son conjoint, Bertrand Cantat. Quelques jours plus tôt, ce dernier a roué de coups la comédienne dans la nuit du 26 au 27 juillet. Malgré l’état inquiétant de l’actrice, l’artiste du groupe Noir Désir n’appelle pas les secours. Rapatriée dans le coma le 31 juillet, Marie Trintignant décède d’un œdème cérébral. Jugé en Lituanie où ont eu lieu les faits, Bertrand Cantat est condamné à huit ans d’emprisonnement pour "meurtre commis en cas d’intention indirecte indéterminé". Il ne purge que la moitié de sa peine et son contrôle judiciaire prend fin en 2010. Récemment, l’affaire a refait la une de l’actualité avec la sortie sur Netflix de la série-documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat.
François Cluzet ému à l’évocation de Marie Trintignant
Ce jeudi 28 août, François Cluzet était présent dans la matinale de France Inter pour présenter le film Fils de, qui sort le 3 septembre prochain au cinéma. À la fin de l’interview, Sonia Devillers a invité l’acteur a s’exprimer sur Marie Trintignant, dont la mort refaisait la Une de l’actualité à la suite de la sortie du documentaire sur Netflix : "Marie fait partie de ma vie", confie le comédien, qui a partagé la vie de Marie Trintignant et avec qui il a eu un fils, Paul, en 1993. "Pour moi, c’est évidemment bouleversant de penser à Marie parce que je l’ai aimée, qu’elle m’a aimée, qu’on a ce fils. Mais un jour, mon fils m’a dit et il devait avoir déjà 30 ans : ‘Papa, s’il te plaît, ne parle plus jamais de Marie à la télé ou à la radio parce que si tu savais, comme à chaque fois, ça nous redonne un coup de poignard.’ Et ce jour-là, je lui ai promis, je n’en parlerai plus jamais."
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Sonia Devillers a ensuite tenu à s’exprimer auprès de François Cluzet sur l’affaire : "Est-ce que moi, je peux vous dire quelque chose ? Alors moi, je fais partie des millions de gens qui ont vu cette enquête documentaire diffusée sur Netflix. Et je ne vous parlerai pas de Bertrand Cantat. Je voudrais juste vous dire que je pense qu’on est des millions à avoir vu ce film et avoir compris la solitude dans laquelle vous avez pu être, vous qui l’avez aimée, en 2003 quand elle est morte. Parce que de revoir ces extraits de télé, aujourd’hui c’est insupportable. De voir ces journalistes qui font leur mea culpa dire qu’on n’était pas capable d’en parler comme il fallait et en fait, Marie de Trintignant, on l’a effacée, on l’a tuée une deuxième fois. Donc on est très nombreux, je pense, à avoir pensé à vous."
"On s’appréciait énormément"
"Ce qui était dingue, c’était que c’était plus votre histoire que la nôtre", répond François Cluzet, marqué par le traitement médiatique de la mort de Marie Trintignant à l’époque. "Cette incompréhension… On nous parlait d’une histoire qui était notre intimité. C’est complètement dingue. Tout le monde parlait de cette histoire sans parler de nous. Et quand je dis de nous, pour moi, ce sont les enfants. Je comprends qu’à chaque fois si l’un de nous, les pères ou qui que ce soit, les faux amis disent à quel point ils ont tellement bien connu. Ça nous fait rire parce que nous, nous étions vraiment proches. Moi j’étais séparé avec Marie mais on riait comme pas un. On a fait des films ensemble. On se connaissait bien. On s’appréciait énormément. Et je comprends pour les enfants ce coup de poignard."