Ce lundi 18 février, France 2 diffusait le documentaire « La banlieue, c’est le paradis » dans lequel Mohamed Bouhafsi décryptait 70 ans d’histoire des banlieues. Parmi les intervenants, le journaliste a notamment invité plusieurs personnalités à partager leur expérience et leur vécu dont : les rappeurs Fianso et Akhenaton (membre du groupe IAM), le réalisateurs Franck Gastambide, la comédienne Sabrina Ouazani, ou encore le président de la République Emmanuel Macron, et ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.
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Anne-Elisabeth Lemoine évoque sa jeunesse en banlieue : "Le sentiment d’être un peu à l’écart"
Le chroniqueur de C à vous, a également recueilli le témoignage de sa « patronne » Anne-Elisabeth Lemoine. "Je suis arrivée en grande banlieue à l’âge de huit ans. Je ne me souviens par d’avoir été malheureuse… c’est à l’adolescence que c’est devenu – pas une prison – mais j’avais l’impression que l’horizon était limité et que c’était une lutte pour élargir cet horizon" se rappelle l’animatrice de France 5.
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Et de poursuivre "Quand on n’a pas de permis, quand on n’a pas d’argent, quand on est loin de là où ça se passe. Ce sentiment d’être un peu à l’écart. A Champagne-sur-Oise, t’as pas mille choses à faire. Avec ma sœur on prenait le train jusqu’à Pontoise et le grand truc c’était d’aller au centre commercial. C’était wouah ! Mais comme on n’avait pas d’argent, on montait et on descendait les escaliers et on finissait par rencontrer des garçons avec qui on parlait" se souvient-elle hilare.
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"T’as peur, tu vois le wagon se vider" : Anne-Elisabeth Lemoine raconte les agressions répétées dans le RER
Si le début du documentaire de France 2, peut parfois laisser penser à une version idéalisée voire romantique de la banlieue des années 60/70, il n’élude pas les problèmes de pauvreté et de violence qui y règnent. « Je me suis fait agresser un nombre de fois incalculables, dans mes trajets » confie Anne-Elisabeth Lemoine visiblement bouleversée. "Je me souviens très bien, de types qui me suivaient depuis Saint-Rémy-Lès-Chevreuse jusqu’à la Gare du Nord… T’as peur, tu vois le wagon se vider. Il y a deux garçons qui sont en groupe, tu te dis ‘ok ça c’est pour moi’. Ils vont se rapprocher et puis ils vont finir par se rapprocher de toi et commencer à te tirer, à te demander comment tu t’appelles, à avoir des gestes ultra déplacés, à te coincer dans un coin… Dans ces cas-là, la stratégie, c’était d’être au plus proche de la cabine du conducteur pour taper et éventuellement obtenir de l’aide" explique l’animatrice.
"Faire en sorte de repartir vivante"
Et de conclure : "J’avais 15-16 ans, mais je ne sais même pas si j’en avais parlé à mes parents, et je ne sais même pas si j’ai imaginé que je pouvais porter plainte. C’était juste des stratégies, pour faire en sorte que je reparte à peu près habillée, sans m’être fait voler quoi que ce soit, et vivante".