Judith Godrèche lucide sur son discours aux César 2024 : « Certains auraient préféré que je ne sois pas là »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:55
Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM
Prendre la parole aux César n’était pas une fin en soi pour Judith Godrèche. Si elle a finalement accepté de parler, la comédienne ne cache pas avoir longuement hésité à faire ce discours. Et ce pour une raison très précise.

Organisée vendredi soir à l’Olympia, la cérémonie 2024 des César a été marquée par le discours très puissant de Judith Godrèche. La comédienne, qui dénonce depuis quelques semaines l’emprise qu’a exercé sur elle Benoît Jacquot alors qu’elle n’était qu’adolescente et les viols que lui aurait imposé Jacques Doillon, a défendu la libération de la parole. "Je sais que ça fait peur. Perdre des subventions, perdre des rôles, perdre son travail. Moi aussi, j’ai peur. (…) Ça fait maintenant trente ans que le silence est mon moteur. J’imagine pourtant l’incroyable mélodie que nous pourrions composer ensemble", a-t-elle notamment affirmé avec émotion.

Prendre la parole sur la scène de l’Olympia, devant ses pairs, n’a pas été chose aisée pour Judith Godrèche, comme elle l’a confié dans un entretien accordé au Parisien. "C’était une décision mûrement réfléchie d’accepter de venir incarner ma bataille et ma parole dans ce lieu-là. J’ai beaucoup hésité. C’était très angoissant, j’avais l’impression d’entrer dans une forteresse complètement fermée, d’arriver dans un dîner où certains auraient préféré que je ne sois pas là", a ainsi expliqué la comédienne à nos confrères. Si elle a fait ce discours, c’est finalement car elle a compris qu’elle "devait aller au bout de sa démarche et regarder ce milieu droit dans les yeux (…) c’était symboliquement important".

Ce soutien présent aux César pour Judith Godrèche 

Pour tenir malgré l’émotion, Judith Godrèche a pu compter sur un soutien de poids. Sa propre fille, Tess, était en effet dans la salle pendant son discours. "Pour puiser de la force, je cherchais le regard de Tess et j’avais dans ma poche une petite statuette d’ange doré que mon fils m’a donnée", a avoué Judith Godrèche en précisant ne pas avoir fait lire son discours avant de le prononcer. "C’était la condition de ma prise de parole. Je suis allée à l’Olympia mercredi mais uniquement pour voir le plan de la salle. J’avais besoin de voir où ma fille serait assise pour pouvoir repérer où ancrer mon regard si je commençais à perdre mes moyens", a-t-elle ajouté.

Par
Clara Kolodny