Je suis très gênée” : malaise sur BFMTV après un reportage exclusif sur la BRAV-M (VIDEO)

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 6:13
DR
Les propos des policiers de la BRAV-M, suivis par les caméras de BFMTV, ont fait débat sur l'antenne de la chaîne d'information.

Où est le journalisme ? Ce mardi 28 mars 2023 dans 22h max sur BFMTV, Maxime Switek a est revenu sur les manifestations à Paris contre la réforme des retraites lors desquelles une caméra de la chaîne d’information a suivi une unité de la BRAV-M (Brigade de répression des actions violentes motorisée). "On a eu l’autorisation par la préfecture de police et par le ministère de l’Intérieur de travailler auprès de cette Brav. C’est aussi parce qu’il y a eu des critiques ces derniers jours", a expliqué Maxime Switek, précisant que la BRAV voulait jouer la carte de la "transparence". 

De quoi faire hausser les sourcils de la journaliste Nora Hamadi, puisque cela ressemble fortement à une opération de communication, et que la BRAV a eu le temps d’être briefée pour se comporter de manière exemplaire. "Attention de ne pas devenir ici un élément de communication de la préfecture !", s’est-elle exclamée. "Que la préfecture de police de Paris fasse cet exercice de transparence, c’est bienvenu. Ce n’est pas la première fois qu’on a ce genre de débat sur les pratiques de maintien de l’ordre. On voit que depuis la Loi Travail, à l’époque c’était Bernard Cazeneuve à l’Intérieur, sous Manuel Valls et François Hollande, puis avec les Gilets jaunes, cette question du maintien de l’ordre. C’est un fait politique et il faut y répondre", a-t-elle nuancé, avant de rappeler que le travail de journaliste doit être appliqué en toutes circonstances.

 "Je vais le dire clairement. J’ai entendu dans le reportage que ces ‘black-blocks’ auraient été aidés par des personnes venant de la banlieue parisienne. Bon… On est dans des éléments de langage de la préfecture. Qui, ici, a été vérifié ?", a-t-elle demandé. "Ce sont des remontées d’information qui nous arrivent du ministère de l’Intérieur cet après-midi", a rétorqué Maxime Switek. "Pardon, mais à un moment, les remontées du ministère de l’Intérieur, c’est comme tout. On recoupe ! C’est une source et il faut les recouper. Je veux bien entendre qu’il y a dans ces groupes des gens qui sont peut-être non-blancs. Est-ce que pour autant ce sont des gens issus de banlieue parisienne ?", s’est-elle interrogée. 

"Il n’a pas été question d’origine ethnique et de couleur de peau", a rappelé le consultant Guillaume Farde. "Alors, comment elle sait que ce sont des gens venus de banlieue parisienne. De qui on parle quand on parle de banlieusards ? Sur qui on jette l’opprobre ?", s’est agacé Nora Hamadi. "Sur personne. C’est une observation sur une provenance géographique et pas ethnique, et sur des voies qui ont été empruntées en RER quand ils fonctionnent", a expliqué Guillaume Farde. La journaliste a alors conclu : "Qu’est-ce que ça charrie comme imaginaire de dire ‘des banlieusards sont venus prêter main forte’ ? Ça renvoie aux émeutes urbaines. Moi, je suis très gênée qu’on reprenne comme ça de manière factuelle, comme un élément vérifié et sourcé. (…) Attention à la communication qu’il faut savoir sourcer. Ce n’est pas comme si ces derniers temps on avait pu contrer des éléments de langage de la préfecture et de Gérald Darmanin lui-même…", a-t-elle conclu.

Hugo Mallais

Par