L’interview de Jean-Luc Mélenchon par Maxime Switek ne s’est pas terminée en douceur jeudi soir. Après deux heures de face-à-face pour évoquer la controversée réforme des retraites, le leader de La France Insoumise a été interrogé sur un retour qui a beaucoup fait parler cette semaine à l’Assemblée nationale, celui d’Adrien Quatennens. Condamné pour violences conjugales sur son ex-femme, le député LFI a repris le chemin de l’hémicycle cette semaine et a été accueilli par les huées de certains de ses pairs.
Jean-Luc Mélenchon n’a pas caché sa colère face à cette question. "Vous venez d’inventer l’inéligibilité par principe quand bien même le juge ne l’a pas décidée. Là vous avez savouré (…) Vous mentez quand vous dites que ça s’est imposé à vous", a-t-il attaqué en reprochant au journaliste de ne pas l’avoir prévenu que ce sujet serait abordé. Il est même allé plus loin en accusant Maxime Switek de l’avoir piégé en fin d’entretien pour qu’il "surréagisse". "Je n’ai qu’une chose à dire : la loi s’applique. Il a été assez puni, j’ai été assez puni. Tous les Insoumis ont été assez punis. Toute personne condamnée a le droit d’être réhabilitée", a-t-il asséné.
Qualifiant le journaliste "d’hypocrite", Jean-Luc Mélenchon a demandé à ce qu’il lui "foute la paix". "Je ne prends aucun plaisir là-dedans", a répliqué Maxime Switek en tentant de se défendre. Ce qui n’a pas arrêté Jean-Luc Mélenchon qui l’a interrompu en l’accusant d’être "content" face à cette situation. "Ce que vous espérez, c’est trouver le moyen de diviser les Insoumis entre eux, ça vous a plu de le montrer comme ça. Il a souffert comme un damné ce soir-là à prendre la parole", a-t-il ajouté en appelant le journaliste "Monsieur le faiseur de morale".
Un départ en fanfare
"C’est de l’intimidation", a pointé du doigt le politique en commentant le chahutage d’Adrien Quatennens à l’Assemblée nationale. "Si vous voulez revenir à l’ancien régime et à la peine de pêché mortel, faites-le mais ce sera sans moi (…) pour l’un des miens ou pour quelqu’un d’autre (…) Il a purgé sa peine. Maintenant ça suffit, foutez lui la paix, lâchez nous ! Laissez-nous faire de la politique (…) Je suis révolté contre ce traitement. Qu’est-ce que vous attendez ? De le tuer ? Qu’il en ait marre et qu’il n’en puisse plus ? Vous avez vu la tête qu’il fait là ? Et il tient bon mais ça ne vous suffit pas", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon avant de qualifier cette séquence de "moralement répugnante".
"Il y a chez vous une jouissance sadique à voir des gens souffrir. Vous aimez ça. Pour faire du buzz, vous êtes prêt à n’importe quoi (…) Je regrette de vous avoir fait confiance. Vous êtes des gens sans principes, sans foi ni loi", a-t-il conclu avant de quitter le plateau.
"Foutez-lui la paix": après avoir défendu Adrien Quatennens, Jean-Luc Mélenchon quitte le plateau de BFMTV pic.twitter.com/1vottTvC7Y
— BFMTV (@BFMTV) February 9, 2023
Clara Kolodny