Absent de la scène française depuis près de vingt ans, l’ancien "petit prince du raï" raconte comment ce choix politique a tout fait basculer, le poussant à fuir en exil au Maroc pour "rester en vie".
L’avertissement ignoré de Johnny Hallyday le soir de la Concorde
Le 6 mai 2007 reste gravé dans la mémoire de Faudel comme la date qui a tout changé. Ce soir-là, Nicolas Sarkozy célèbre sa victoire présidentielle place de la Concorde, entouré de plusieurs artistes dont le chanteur de raï. Mais quelques heures avant, une rencontre en coulisses aurait pu tout changer. "Il devait y aller et il dit, je n’y vais pas, je ne le sens pas", se souvient Faudel à propos de Johnny Hallyday qui avait finalement renoncé. La légende du rock français lui aurait même lancé un avertissement prémonitoire : "C’est mal organisé" .
Avec le recul, l’artiste de 47 ans reconnaît son erreur : "Je crois que j’aurais dû monter dans la [voiture]. Il a plus d’expérience que moi. Moi, j’étais un petit gamin, j’avais 26 ans, j’avais 27 ans". À l’époque, Faudel pensait sincèrement apporter quelque chose : "Je pensais que mon modèle allait apporter beaucoup à toute cette jeunesse qui [vient] de banlieues". Il insiste sur sa naïveté : "Nicolas, je l’ai connu il y a des années, à Neuilly. Et vraiment, je suis parti en ami. Je ne pensais pas aux conséquences, c’était naturel".
Le prix d’un engagement : agressions, menaces et divorce
Les répercussions ont été immédiates et dévastatrices. Face à Léa Salamé, Faudel détaille l’ampleur du rejet qu’il a subi : "Après, je me suis fait massacré". Son fils aurait été agressé, sa famille harcelée. "Les enfants, la famille, pendant des années […] je vois mes parents à Mantes-la-Jolie, les pauvres dans la cité. C’est compliqué. Après, j’ai eu des menaces", confie-t-il avec émotion.
Sa carrière s’effondre en quelques mois. Sa tournée est annulée, son planning promotionnel réduit à néant, sa maison de disques lui fait comprendre qu’il n’est plus viable commercialement. Le chanteur sombre alors dans une profonde dépression. Interrogé par Léa Salamé sur la gravité de son état, il confirme avoir franchi un cap critique : "J’ai fini à l’hôpital". À la question sur d’éventuelles pensées suicidaires, sa réponse est glaçante : "Oui, je me suis dit… En fait, tout était de la faute à Faudel. J’avais eu cette impression".
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Le pire dans cette épreuve ? L’absence totale de soutien de ceux qu’il avait défendus. "Personne ne m’a appelé, Nicolas Sarkozy ? Personne ne m’a appelé", lâche-t-il avec amertume. "Il y avait que mes parents, ma mère, mon père, mes frères". Sa vie personnelle vole également en éclats : "J’ai divorcé. J’ai payé très très cher".
Renaissance marocaine : "Aujourd’hui, je suis heureux"
En 2011, épuisé et détruit psychologiquement, Faudel prend une décision radicale : quitter la France pour le Maroc.
Au Maroc, sa vie prend un nouveau tournant. Il reçoit le soutien inattendu du roi Mohammed VI et obtient la nationalité marocaine. En 2015, il rencontre Hala, une Marocaine qu’il épouse deux ans plus tard. Ensemble, ils ont deux enfants de 8 et 5 ans. Cette renaissance lui permet aujourd’hui de relativiser : "Aujourd’hui, je suis heureux", assure-t-il avec sérénité face à Léa Salamé.
Absent de la scène française depuis près de vingt ans, Faudel fait son grand retour dans le cadre de la tournée "I Gotta Feeling" qui réunit les stars des années 2000. L’occasion pour le public de redécouvrir celui qui a marqué toute une génération avec ses tubes "Tellement N’brick", "Je veux vivre" ou "Mon Pays".