Le 6 mai 2007, la place de la Concorde vibrait au rythme de la victoire de Nicolas Sarkozy. Parmi les artistes venus célébrer l’événement, un visage familier, celui de Faudel, le "petit prince du raï". Ce jour-là, le chanteur franco-algérien, alors au sommet de sa popularité, avait choisi d’assumer publiquement son engagement politique. Une décision qui allait bouleverser le cours de sa carrière… "Quand il est devenu ministre de l’Intérieur, se souvient le chanteur, il a tenu un discours sur l’égalité des chances, qui collait à ce que moi j’avais vécu. Alors je me suis engagé derrière lui parce que j’y croyais, parce que c’était ce que j’incarnais", a d’abord confié le chanteur à Paris Match.
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La traversée du désert de Faudel
L’artiste, séduit par la personnalité de Nicolas Sarkozy qu’il avait rencontré quelques années plus tôt à Neuilly lors du mariage du footballeur Ali Benarbia, pensait alors faire un choix sincère et assumé mais la désillusion fut brutale. Un an après ce meeting triomphal, la chute s’amorce… tournées annulées, maisons de disques frileuses, médias silencieux. "Mon planning promo a été réduit à néant et ma maison de disques m’a fait comprendre que je n’étais plus bankable", confie aujourd’hui le chanteur, lucide mais apaisé.
Dix-huit ans plus tard, c’est à Marrakech que Paris Match le retrouve, loin de la frénésie parisienne. Accompagné de ses deux enfants, Faudel flâne dans la médina où il a tourné le clip de son dernier titre, Fati. "Je suis même très demandé, je bosse énormément, je fais des galas, des mariages, j’étais récemment en Arabie saoudite et à Dubaï", assure-t-il, fier d’avoir reconstruit sa carrière sans renier ses origines ni sa passion. L’année 2025 marque pour lui un nouveau départ.
Début janvier, il participera à la tournée I Gotta Feeling, inspirée du concept de Stars 80, qui réunira plusieurs artistes emblématiques de la fin des années 1990 et du début des années 2000. "Je vais interpréter au moins deux titres, peut-être trois si tout se passe bien. J’aurais aimé avoir un groupe derrière moi, mais ce n’est pas possible pour l’instant. De toute façon, je suis tellement content de retrouver le public", confie-t-il.
Faudel évoque son "burn-out"
Cette renaissance artistique, Faudel l’a façonnée loin de la France, après avoir connu ce qu’il appelle aujourd’hui son "burn-out". En 2011, il quitte Paris, épuisé, et s’installe au Maroc. "J’avais acheté un restaurant, Le Petit Yvan, rue Jean-Mermoz, où le Tout-Paris déjeunait ou dînait. Ça marchait très bien, mais c’était un gouffre financier, j’ai perdu beaucoup d’argent. Rien de mal à ça. Mais les journaux ont dit que j’étais devenu serveur ou vendeur de kebabs… Ce qui était totalement faux !", raconte-t-il.
Derrière les rumeurs, une réalité plus intime, celle d’un artiste à bout de souffle… "La pile était complètement déchargée. Je chantais depuis l’âge de 12 ans, et à 33 ans j’étais épuisé, cramé. J’ai laissé dire des choses sur mon compte, j’ai laissé faire, ‘de toute façon c’est la faute de Faudel’. C’était le prix à payer", regrette-t-il. Aujourd’hui, sous le soleil de Marrakech, Faudel savoure une forme de paix retrouvée.