Géraldine Nakache l’avoue : elle s’est préparée différemment pour les différentes interviews données pour faire la promotion de Je ne suis pas un héros, sa dernière comédie sortie ce 22 novembre dans laquelle elle joue face à Vincent Dedienne. Il faut dire que l’actrice, qui est juive, avait conscience qu’elle avait de grandes chances d’être interrogée sur la situation en Israël et en Palestine. "Avant même que Je ne suis pas un héros sorte, c’est vrai qu’on m’a sollicitée pour venir en tant qu’artiste évoquer ce qui s’était passé notamment le 7 octobre en Israël", a-t-elle reconnu dans Clique sur Canal +.
La comédienne explique que ce n’est pas la première fois qu’elle et son amie, Leïla Bekhti, sont sollicitées par la presse suite à de tels événements dramatiques. "Ça avait été le cas à l’époque avec Leïla Bekhti pour les attaques de Charlie Hebdo (…) On avait du mal, à l’époque, à exprimer la tristesse qu’on ressentait. Mais l’une comme l’autre, on était très mal à l’aise avec ça, et ça nous rendait très tristes", a expliqué Géraldine Nakache. "J’avais une phrase souvent avec Leïla qu’on répétait aux journalistes, en leur disant « Mais finalement, vous avez demandé à Mélanie Laurent de venir s’exprimer ? ». On adore Mélanie, c’est pour ça qu’on utilise son nom. Mais on se demandait si on était invitées en tant qu’actrices, jeunes actrices, jeunes tout court, ou finalement comme juive et musulmane", a-t-elle poursuivi.
À lire également
"Et aujourd’hui, à l’approche de la sortie de Je ne suis pas un héros quand on a tous vécu cette torpeur-là, c’est vrai que j’ai été sollicitée pour venir parler. Tout d’un coup, je me suis dit : qu’est-ce que ça veut dire alors ? Oui c’est vrai je suis juive, Leila est musulmane (…) Est-ce qu’on est analystes géopolitiques ? Je ne suis pas certaine. Est-ce qu’on est peinées par cette situation ? Ca j’en suis certaine. On échange régulièrement ensemble à ce sujet, c’est une situation qui nous met très mal à l’aise", a conclu Géraldine Nakache.
"Il y a quelque chose qui va pas dans l’idée aujourd’hui, cette injonction à devoir parler, devoir choisir son camp, et puis ce truc à vouloir nous mettre dos à dos, avec Leïla. On se disait : « Tout s’est bien passé depuis Tout ce qui brille » (…) On était juste deux amies et aujourd’hui il y a eu un peu ce signal-là, vouloir nous mettre dos à dos (…) C’est une pression parce qu’elle et moi sommes très proches de nos communautés respectives", a-t-elle aussi confié sur la pression ressentie pour qu’elles s’expriment en public sur ces sujets difficiles.