Moins d’un an après avoir écopé de deux amendes pour avoir relayé deux fausses informations, CNEWS récidive. Le jeudi 24 juillet, la chaîne du groupe Canal+ détenue par Vivendi de Vincent Bolloré relayait l’incident du vol Vueling duquel, la veille, 44 adolescents juifs ont été débarqués.
Affaire Vueling : de nouveaux témoignages dévoilés
Aujourd’hui, la compagnie Vueling maintient sa version des faits en s’appuyant sur de nouveaux témoignages comme le rapporte Le Parisien. Certains adolescents auraient eu un comportement inacceptable et dangereux : "tentatives de libérer des gilets de sauvetage, de manipuler les masques à oxygène situés au plafond et de retirer une bouteille d’oxygène sous haute pression – ainsi qu’une attitude de confrontation. (…) Après analyse de la situation, le groupe a été débarqué afin de garantir la sécurité du reste des passagers".
Une image erronée diffusée puis commentée pendant 10 heures sur CNEWS
Sur les réseaux sociaux, une photographie non sourcée et non vérifiée a circulé, montrant un drapeau de la Palestine dans le cockpit d’un avion. Cette image a été associée au vol Vueling qui faisait polémique pour mettre le feu aux poudres. Une seule chaîne d’information a diffusé cette image pendant près de deux heures le 24 juillet jusqu’à 8h du matin : CNEWS. "Et pour couronner le tout, un drapeau palestinien aperçu par un passager dans le cockpit dans l’avion", a déclaré l’animateur Anthony Favalli. Comme le rappellent le collectif Sleeping Giants et Puremedias.com, CNEWS a diffusé ou commenté la photo 19 fois à l’antenne tout au long de la journée, à partir de 6 heures du matin jusqu’à 16 heures l’après-midi. L’immatriculation de l’avion a permis à Vueling de prouver que cette photo n’avait pas été prise lors du vol dont 44 adolescents de confession juive ont été débarqués. Seule une phrase glissée à 10h14 a remis en question l’authenticité de l’image : "On n’a pas encore pu vérifier cette histoire de drapeau", a admis Eliot Deval, avant d’évoquer à nouveau quinze minutes plus tard ce drapeau sans préciser que l’image n’avait pas été vérifiée.
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Ce n’est que le lendemain que CNEWS a daigné, après avoir relayé une fausse information sur un créneau de dix heures, informer ses téléspectateurs de cette faute. Le public n’a pas obtenu d’excuses de la part de la chaîne, mais d’un simple correctif très réducteur. "Hier nous vous avons montré une photo entre 6h et 7h présentée comme étant celle du cockpit de l’appareil. C’était une erreur, il ne s’agissait pas du cockpit de l’avion dans lequel s’est déroulé l’incident. D’ailleurs, dès lors que nous avons eu un doute sur l’origine du cliché, peu après 7h du matin, nous l’avons immédiatement retiré de l’antenne et il n’a plus jamais été diffusé. Par souci de transparence et comme gage de sérieux aussi à votre égard, nous tenions à le préciser ce matin et c’est bien normal", a déclaré Anthony Favalli avec le sourire, minimisant grandement le traitement réservé à cette image à l’antenne de CNEWS la veille. L’Arcom a été saisie par le collectif Sleeping Giants. CNEWS a déjà reçu l’année dernière une amende de 100 000 euros pour avoir présenté l’avortement comme "une cause de mortalité" et d’une amende de 50 000 euros pour avoir affirmé à tort qu’un collège à Pau avait mis à disposition une salle de prière à des élèves musulmans sous la pression de leurs parents dans l’émission Morandini Live. En 2023, deux fake news avaient déjà été diffusées sur CNEWS, d’abord en juillet puis en septembre. La chaîne avait présenté ses excuses dans les deux cas.